De l'autre côté du soleil de Corban Addison

Trois personnages, trois destins. Celui de deux jeunes filles Ahalya Ghaï, 17 ans et sa sœur Sita, 15 ans, qui ont perdu leur famille et leur toit durant le tsunami de décembre 2004 qui a ravagé la côte de Coromandel près de Madras. Malgré leurs précautions pour rejoindre l'institution religieuse où elles étaient pensionnaires, elles tomberont à leur insu dans un trafic d'êtres humains et seront vendues à de nombreuses reprises, jusqu'à rejoindre une maison close à Bombay. Celui de Thomas Clarke, vivant de "l'autre côté du soleil" aux États-Unis et travaillant comme avocat dans un cabinet nommée Clayton/Swift à Washington. Suite à une crise de couple intervenue il y a quatre mois après le décès de Mohini encore nourrisson, Priya, sa femme, a quitté le domicile familiale pour retourner à Bombay en Inde. Après cette dure épreuve et un procès difficile, Junger, un des associés du cabinet où travaille Thomas et ami de son père, lui propose de prendre un congé sabbatique. Il lui suggère de prendre des vacances ou du faire faire du bénévolat tous frais payés. Après avoir discuté avec son ami Andrew qui travaille au CEOC - la Division exploitation des enfants et pornographie infantile - Thomas décide de travailler pour la CASex, un organisme contre les abus sexuels dans les pays émergents. Le hasard voulu qu'une place vient de libérer dans le bureau de la CASex à Bombay. Ainsi Thomas pourra se rapprocher de Priya et se faire pardonner.  C'est à la travers la CASex, que le destin de Thomas et des deux sœurs sera lié. La CASex a fait une descente de police dans la maison close où se trouvait les jeunes filles. Malheureusement, ils ne trouveront qu'Ahalya, abusée sexuellement à de nombreuses reprises. Sita, qui heureusement n'avait subt aucun attouchement, a été une nouvelle fois vendue et revendue cette fois-ci pour le "marché" international. Elle sera la "mule" pour un trafic de stupéfiant entre l'Inde et la France. Mais le calvaire d'Ahalya ne fait que commencer.  Thomas touché par le destin de Sita et par la promesse faite à Ahalya, décidera de tout faire pour retrouver Sita, mais la retrouver se révèlera être très compliqué. Corban Addison avait, pour écrire cette fiction, intensément travaillé auprès d'associations luttant contre le trafic d'êtres humains comme il le précise en fin d'ouvrage. L'association dans laquelle travaille Thomas dans le roman, la CASex, existe réellement et se nomme "IJM" (International Justice Mission www.ijm.org). Cette association a beaucoup aidé l'auteur pour la rédaction de ce roman. L'auteur s'est également basé sur le rapport annuel du Département d’État américain des êtres humains (Trafficking in Persons Report), par le Projet Polaris basé à Washington, et bien d'autres ouvrages qu'il mentionne dans son roman. En lisant "De l'autre côté du soleil", l'on ressent que Corban Addison est très engagé contre l'esclavage moderne et cela est tout à son honneur, il écrit par ailleurs "Les besoins sont immenses, et la tâche paraît souvent insurmontables. Mais il n'y a pas de problème sans solution. Nous pouvons changer les choses - un mot, un don, une vie à la fois." "De l'autre côté du soleil" est un roman à lire. Il nous fait prendre conscience qu'aujourd'hui encore le trafic d'êtres humains existe. Ce roman vous fera découvrir l'horreur de ce trafic à travers les personnages des sœurs indiennes mais également à travers d'autres filles venant de l'Europe de l'Est.  Le roman est très bien écrit, est divisé en 4 parties qui représentent 4 grands "évènements" ou plutôt "intrigues". Le mystère du sort de Sita reste tout entier tout  le long du roman. J'avais pour ma part l'impression que son calvaire était sans fin. En parallèle à l'histoire des sœurs, on suit  les investigations de Thomas dont le but premier avait été de reconquérir le cœur de Priya, mais à travers son travail humanitaire, sa vie prendre une autre tournure. De l'autre côté du soleil – Interview de Corban Addison Propos recueillis par Julie Groleau et Ariane Grassi Source : http://www.franceloisirs.com/catalogue/article/582714/De-l-autre-c%C3%B4te-du-soleil Homme de passion et d'engagement, Corban Addison a tout naturellement choisi un sujet difficile mais poignant pour son premier roman : l'esclavage moderne. Un voyage dans une Inde complexe et palpitante qui nous laisse le souffle court. Quel est votre lien avec l'Inde ? Je n'avais aucune connexion particulière avec ce pays avant d'entamer mes recherches, mais je tenais à ce que mon livre se passe à la fois en Orient et en Occident car le problème de l'esclavage moderne transcende les barrières traditionnelles de la société. J'ai choisi l'Inde pour deux raisons : c'est un lieu fascinant et le problème du trafic humain y est colossal (estimation d'1,2 million d'enfants exploités sexuellement.). Ce que j'ignorais en entamant mes recherches, c'est combien je finirais par admirer l'Inde et ses habitants. J'y ai passé plus d'un mois, on ne trouve pas sur Terre d'endroit aussi plein de vitalité et d'énergie. En ville, le rythme est intense, et les contrastes profonds. Beauté et misère, opulence et dénuement, espoir et accablement coexistent à chaque coin. Comment un homme américain a-t-il réussi à créer trois héroïnes Indiennes aussi magnifiques ? Plus je voyage, plus je suis convaincu que les êtres humains sont semblables, d'où qu'ils viennent. Nous avons tous les mêmes aspirations, les mêmes besoins fondamentaux. Je suis parti de ce postulat, puis je me suis attaché à comprendre les mœurs indiennes dans toute leur singularité. Je me suis immergé dans la littérature et l'histoire de l'Inde, j'ai passé de nombreuses heures à discuter avec des autochtones. Le plus grand compliment que les lecteurs Indiens aient pu me faire, était que mes descriptions de l'Inde, et celles d'Ahalya, Sita et Priya sonnaient justes. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre engagement contre le trafic d'êtres humains ? Je suis tout autant un écrivain qu'un activiste. J'ai écrit De l'autre côté du soleil, car je crois que l'esclavage moderne est le plus grand problème que l'humanité ait à affronter à l'aube du XXIe siècle. En tant qu'êtres humains, nous avons le devoir moral d'y mettre un terme. Je suis convaincu que l'esclavage n'est pas plus inévitable qu'aux débuts du mouvement pour l'abolition de la traite au XVIIIe siècle. Les gens naissent libres ; la cruauté et l'avarice des autres leur imposent des chaînes. L'Histoire nous enseigne que ces chaînes peuvent être brisées. Ceci étant dit, le trafic lié à la prostitution ne cesse d'augmenter… Le monde devrait suivre l'exemple de la Suède et son approche radicale du problème : pénaliser les acheteurs, aider les victimes et éduquer la population quant au lien entre prostitution et violence envers les femmes.

En haut des marches, elle découvrit une entrée protégée par une treille et entourée d'une profusion de fleurs : des violettes, des primevères, des jacobinias et des soucis, le tout vibrant de couleurs. - Chacune des filles reçoit une plante de son choix à soigner, expliqua soeur Ruth. Et toi, Ahalya, quelle plante aimerais-tu cultiver ? - Un lotus bleu, répondit-elle aussitôt, repensant aux fleurs de kamala dont sa mère s'occupait avec amour dans une mare à côté du bungalow familial. C'étaient les fleurs à Sita. Quand elle était petite, sa sœur était convaincue qu'elles possédaient un pouvoir magique. Sœur Ruth jeta un coup d’œil à Anita. - Nous avons un étang près de l'orphelinat. Je pense qu'un lotus pousserait bien, là-bas. Les paroles de la nonne remontèrent un peu le moral d'Ahalya. Elle regarda sœur Ruth, puis Anita. - Vous me laisseriez planter un lotus ? s'étonna-t-elle. Les graines de lotus bleu étaient rares et chères, et réussir à les faire germer n'était pas facile, même dans des conditions idéales.
page 225-226 FL

Navin la garda cloîtrée dans la chambre. Il ne reparaissait que pour lui apporter à manger et lui permettre d'aller aux toilettes. Sita ne lui adressait jamais la parole. Elle restait assise sur le lit, le dos appuyé au mur, à regarder par la fenêtre sans rien voir. La monotonie était quasiment insupportable. Les seules interruptions étaient celles des avions qui décollaient et atterrissaient sur les pistes de l'aéroport.
page 211 FL

Elle commença à s'endormir lorsque le petit garçon apparut dans la cuisine. Au bout d'un long moment, il s'approcha timidement. - Comment tu t'appelles ? demanda-t-il en hindi. - Sita. Il s'agenouille devant elle. - Je m'appelle Shyam. On peut être amis ? Sita haussa les épaules, mais Shyam insista. - J'ai dix ans. Et toi, tu as quel âge ? Elle ne répondit pas. C'est à peine si elle arrivait à garder les yeux ouverts. - Je t'ai apporté un cadeau, dit le garçon. Il prit une petite figurine dans sa poche et la lui déposa dans sa main. - C'est Hanuman. Il te tiendra compagnie. Tout à coup, il tourna craintivement la tête : sa mère hurlait son nom.
page 241 FL

Il respira un bon coup et ouvrit le message. "Thomas, c'est une drôle de surprise. Je ne sais pas quoi penser. Mais je ne peux pas faire comme si tu n'étais pas là. Il y a un parc sur Malabar Hill. Prends le train jusqu'à Churchgate et dis au taxi-walla de te conduire au jardin suspendu. Je te retrouverais à 4 h 30 à l'endroit d'où on a vue sur la mer."
page 245 FL

De l'autre côté du soleil

De Corban Addison

Titre original : A walk across the sun

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Dominique Haas

Éditons Robert Laffont - Collection Best Sellers (2014) - 440 pages - ISBN : 978-2221128305 - 22 €

Éditons Pocket - Date de parution : 5 juillet 2018 - 544 pages - ISBN : 978-2266253253 - 8,30 €

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