• Véronique Schauinger

"Fous de l'Inde" de Régis Airault

Mis à jour : mai 14


Quatrième de couverture

Qu'est-ce donc qui nous attire en Inde ? Pourquoi sommes-nous si fragiles là-bas ? Et que nous apprend sur nous-mêmes cette expérience qui transforme en profondeur notre vision du monde ? Un psychiatre, Régis Airault, a constaté que, de Bombay à Goa, de Delhi à Pondichéry, un véritable syndrome indien touche les Occidentaux - pour la plupart des adolescents et des jeunes adultes - qui se rendent dans ce pays. Là plus qu'ailleurs, et de manière plus spectaculaire, il semble que notre identité vacille. Des personnes jusque-là indemnes de tout trouble psychiatrique éprouvent soudain, sans prise de drogue, un sentiment d'étrangeté et perdent contact avec la réalité. Plus curieux : ces troubles sont presque tous sans lendemain. Revenu chez lui, le voyageur en garde même un bon souvenir et, quelque temps plus tard, il n'a souvent plus qu'une idée en tête : retourner en Inde...


Mon analyse

J'ai un message important à dire aux gens qui partiront pour leur première fois en Inde ... soit vous allez adorer ce pays, soit vous allez le détester purement et simplement, vous ne voudrez qu'une seule chose c'est de rentrer chez vous et ne plus en entendre parler.

Pour ma part, je serais plutôt de la première catégorie, une folle de l'Inde, oui j'avoue, je suis complètement accro. A chaque séjour lorsqu'il est l'heure du départ et du retour en France (et même quelques jours avant) elle me manque déjà. A mon retour en France, l'Inde me manque toujours et encore. Et au désespoir de mes proches, elle me manque toujours longtemps après et en continu. Alors pour garder un lien avec elle, je lis toujours et encore sur elle, sans doute pour étouffer ce manque et combler le vide. Et après c'est un cercle vicieux, lire sur l'Inde, cela me donne une sensation d'un besoin d'y retourner afin de voir en vrai ce que j'ai lu et appris sur elle depuis mon dernier séjour.

Il est assez difficile d'expliquer pourquoi ce pays a une attirance si forte. Là-bas, j'ai vu des choses que nous européens n'avons pas l'habitude de voir, il en émane une sorte d'aura que l'on retrouve pas en France mais beaucoup de contradictions nous font perdre nos repères. On y revient avec la tête pleine de questions sur le sens de la vie.

Il faut dire les choses comme elles sont, le pays est relativement pauvre même si à contrario certains indiens sont extrêmement riches. Les indiens, comme partout d'ailleurs, ont un autre savoir-vivre et savoir-faire que nous, la vie en soi est différente, leurs religions, ils ont une autre manière de pensée, ... Bref une autre culture comme partout. L'Inde où de nombreuses religions se côtoient, tout comme les hommes et les animaux, la vie et la mort, le mystique la réalité. L'Inde est chargée en couleurs, en sons, en odeurs, en fêtes, ... Elle est grouillante quasiment en continuité.

Peut-être, c'est l'Inde, il n'existe pas de mots pour l'expliquer. L'Inde c'est l'Inde, un point c'est tout, mais ce que soulignerait c'est que même ce qu'ils n'ont rien, de nombreux indiens vous donneront ce qu'ils ont le plus cher et à quoi je suis la plus sensible, un sourire. Et des beaux sourires, vous en recevrez, alors que les indiens ne vous connaissent pas. Ils auront la curiosité de venir vers vous. Et les gens ont le sourire malgré les dures épreuves de la vie, qui est souvent beaucoup plus dur comparés aux nôtres, mais les gens ne sont pas forcément malheureux ...

"Fous de l'Inde" est un best-seller et beaucoup de personnes revenant d'Inde tout chambouler y recherche une explication, pour comprendre ce qu'ils leur arrivent. Leur entourage peut également se tourner vers cet ouvrage, pour comprendre ce qui a pu y arriver dans ce pays lointain.  

J'étais parmi de ceux-là, et ce livre m'a tapé tout de suite à l'œil et je n'ai pas attendu pas longtemps pour me l'acheter et le dévorer. Résultat, il se peut que j'ai le mal de l'Inde. Un trouble qui se traduit sans doute par le faite que de jeunes adultes ont une identité qui vacille, comme le dit très bien l'auteur :

"Des personnes jusque-là indemnes de tout trouble psychiatrique éprouvent soudain, sans prise de drogue, un sentiment d'étrangeté et perdent contact avec la réalité. Plus curieux : ces troubles sont presque tous sans lendemain. Revenu chez lui, le voyageur en garde même un bon souvenir et, quelque temps plus tard, il n'a souvent plus qu'une idée en tête : retourner en Inde..."

Je pense que dans notre vie d'européen ou simplement de français, notre génération et les prochaines qui viendront (NB les années 60-70 ont aussi connu leur vague de fous de l'Inde), nous n'avons plus de repères, de phases dans notre vie comme avait nos ancêtres  quand les traditions étaient encore fortement ancrées. Nous grandissons souvent dans des familles décomposées, sans rites, sans religion, sans explication sur la vie. Nous la découvrons au fur et à mesure que nous la vivons, et c'est souvent comme ça qu'elle nous déçoit ou nous perturbe. Devenir adulte est très dur, nous quittons le cocon dans lequel nous vivons avec nos parents, pour vivre une vie seule avec un travail souvent très dur et entourés d'êtres sans états d'âmes et qui ne savent pas les règles essentielles de la politesse et du savoir-vivre ...

En Inde, par exemple, déjà par la religion hindoue, il existe des phases de la vie, un nouveau né c'est les astres qui dictent la première lettre du prénom et ce sont les grands parents qui choisissent souvent le prénom de l'enfant, chaque "phase" de la vie de l'enfant est rythmée, même la première fois que l'enfant mange de la nourriture solide un rite est effectué ... Pour les hindous, la vie est sacrée et une bénédiction, c'est formidable d'avoir pu être incarné en homme peut importe si la vie est difficile. Voilà mon analyse.


L'ouvrage

Pour revenir au livre, l'auteur Régis Airault est un psychiatre ayant exercé au Consulat de France à Bombay pour essentiellement des touristes "égarés" et des ressortissants français. Il nous raconte par ce livre, les cas les plus marquants qu'il a pu rencontré lors de l'exercice de ses fonctions dans ce pays : Goa, Pondichéry, Madras et Delhi. A titre d'exemple, il a connu de nombreux cas où des ressortissants brûlent carrément leur passeport et décide d'une vie d'errance, presque comme des saddhus. Certains pour atteindre le nirvana recourent à la drogue. Bien évidement il y a des cas moins extrêmes.

Les premiers cas du livre sont intéressants, mais malheureusement vers la fin de l'ouvrage les histoires deviennent répétitives. La préface de l'auteur est extrêmement intéressante. A la fin du livre vous trouverez un épilogue de l'auteur, suivi d'un petit glossaire (ashrams, phases de la vie des brahmnes ...) et un tableau des castes. Une bibliographie complète l'ouvrage.

Peut-être être fou de l'Inde c'est simplement AIMER.



“ On croit que l'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait ou vous défait ”

Nicolas Bouvier




Fous de l'Inde :

Délires d'Occidentaux et sentiment océanique

De Régis Airault

Petite bibliothèque Payot -240 pages - ISBN :  978-2228915328 - Prix éditeur : 7,70 €


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