• Véronique Schauinger

Les instruments de musique de l'Inde, les instruments à cordes

Mis à jour : mai 3

#Instrumentsdemusique #musique #indeenmusique #musiqueindienne #instrumentsàcordes

La musique indienne est riche en instruments de musique, avec de nombreuses variantes locales, impossible à énumérer dans sa totalité. De plus, elle a intégré quelques instruments occidentaux tels que l'harmonium ou le violon ou plus récemment la mandoline ou le saxophone. Il faut aussi compter un instrument qui peut vous surprendre, la voix. Dans l'exécution d'un râga chanté, la voix est considérée comme un instrument de musique en Inde. Dans une série de chroniques, j'ai envie de vous faire découvrir les principaux instruments mais aussi leurs sons. Pour commencer, je vous ferais découvrir les principaux instruments à cordes : veena, sitar, sarod, sarangi, dilruba, santoor etc. Vous trouverez dans de prochaines chroniques, et tour à tour, les instruments à vent et les percussions (membranophones et idiophones) et enfin je vous parlerais du râga.


Les sons selon les instruments 1 - LES INSTRUMENTS A CORDES


La Vînâ (également appelée veena ou bîna ; du sanskrit vīṇā ; en hindi वीणा ; tamoul : வீணை) Instrument de musique à cordes, c'est l'instrument par excellence de la musique indienne, dont selon certains elle aurait des origines égyptiennes mais les Védas contestent ces hypothèses. Sa variante à donner naissance à la sârod puis à la sîtar. On la retrouve notamment dans le Sud de l'Inde où elle est également appelé "Sarasvatîvîna" (dans le Nord, elle sera plutôt appelé "Rudravîna"). Elle est dédiée à Sarasvatî, la déesse des arts, de la connaissance, de la musique et des paroles (vâch) qui est d'ailleurs souvent représentée avec cet instrument. Avant le septième siècle, la Vînâ était le nom donné à une sorte de harpe à cinq cordes. Mais elle était mentionnée dans les écrits védiques vieilles de 3.000 ans et elle est représentée sur des sculptures datant du deuxième siècle avant Jésus-Christ, à cette époque c'était une cithare sur bâton, sans frette, avec deux résonateurs, appelée vîna ou bîn. La Vînâ est une caisse à résonance ronde, en bois d'ébène ou de jacquier, d'environ trente centimètres de diamètres, à laquelle est adjointe une seconde boîte faite avec une calebasse, fixées à un très long manche se terminant en forme de paon ou de tête de lion sculptée. La Vînâ comporte sept cordes d'acier et de laiton (quatre pour la mélodie, les autres pour le rythme et l'accompagnement) qui sont pincée. Le manche comporte 24 chevalets fixes. Lorsqu'il ne possède pas de chevalet, il est appelé "Mahânaâtaka Vînâ" (ou Gotuvâdyam). Au Tibet, son nom est "Pi-bang".


La Sitar Il est aussi appelé "Satâr" (Sapta-târ, sept cordes) et "Sundari" (le "bel instrument"). Il est l'instrument le plus connu des instruments indiens, sans doute grâce à Ravi Shankar. C'est l'instrument de musique le plus populaire en Inde du Nord. Il aurait été inventé par Amîr Khusrû (1295-1315). Elle est censée être dérivé de la Vînâ, qui a été modifié par un musicien de cour moghole de se conformer avec les goûts de ses clients moghols et nommé d'après un instrument persan appelé le Setar (ce qui signifie trois cordes). Elle possède une caisse de résonance en bois hémisphérique ou constituée par une gourde. Le large manche creux du Sitâr (taillé dans du teck ou du tun) a de 18 à 20 chevalets mobiles et l'instrument sept cordes en métal. A l'arrière est fixé un petit résonateur en bois, le Sitar est un luth complexe. On en joue avec un plectre en métal (dispositif permettant de pincer ou gratter les cordes d'un instrument). Il existe quelques sitâr munis de cordes sympathiques (c'est-à-dire des cordes libres, sur lesquelles on n'exerce aucune action, mais qui entrent en vibrations par simple résonances). Les cordes non sympathiques se répartissent en 2 à 4 cordes de jeu et 2 à 4 cordes de bourdon, soit de 6 à 8 cordes en tout. La présence ou non de cordes de jeu graves permettent de distinguer les deux principaux types de sitar ("Gandhaar-pancham" ou "Kharaj-Pancham"). La technique du jeu de la Sitar est toujours en constante évolution. La Sitar est un instrument très décoré, par des appliques d'os ou d'ivoire sur le manche, et des bas-reliefs sur les résonateurs. Des petites perles permettent aussi un accord fin. Le "Petit Sitâr" a une forme de poire, il a une caisse généralement en bois de jacquier et des chevalets fixes.



Le Sârod Le Sârod ( ou sarode - सरोद)) avec le Sîtar, est l'instrument le plus populaire et de premier plan dans la musique indienne classique. Le Sârod serait un luth hybride issu du "dhrupad rabâb", un instrument indien ancien et du rabâb afghan. Il serait apparu au XIXème siècle au Nord de l'Inde et son nom serait peut-être du persan sarûd (chanter) car nombre de chanteurs s'accompagnaient ainsi. Son grand (110 cm) et lourd corps est taillé dans un bois massif en tec de parpuk (tecomella undulata) ou en mûrier, la forme est complexe pouvant évoquer une tête de mort avec de grandes orbites. Sa caisse de résonance hémisphérique est recouverte par une peau de chèvre ou de gazelle. Son manche est creux. Un grand chevalet (sur pied) en os avec des trous et des sillets y repose, retenu à la base par deux cordelettes. La touche est recouverte par une plaque de métal lisse et brillante qui sert de touche, large vers la table et fine vers le chevillier. Il n'y a aucune frette ni ouïe, mais un résonateur (tumbâ) amovible en bronze (ou en bois) est placé à l'arrière du manche. Ses 10 cordes métalliques sont grattées à l'aide d'un plectrum en noix de coco, le javâ, tenu entre le pouce et l'index droits. Il possède aussi 15 cordes sympathiques (c'est-à-dire des cordes libres, sur lesquelles on n'exerce aucune action, mais qui entrent en vibrations par simple résonances) mais n'a pas de frettes. Le son du Sârod serait plus chaud que celui du sitar mais donnerait aussi un son plus profond.

Le Sârangî Le Sârangî (sarangui ; सारंगी) est un instrument d'origine arabe, utilisé dans le Nord de l'Inde et le Nord-Ouest pour accompagner les danses et les acteurs dans les pièces de théâtre. On le retrouve également au Pakistan, Népal et Afghanistan. L’origine de son nom vient du sanskrit de "sau" (cent) et "rang" (couleur ou humeur), qui dénote la sonorité riche et profonde, se rapprochant de la voix humaine de l'instrument. C'est un instrument à cordes frottées et le principal instrument à archet de l'Inde. Le Sârangî possède une caisse de résonance massive rectangulaire en bois de mûrier (arkhor) recouverte de peau de chèvre sur laquelle repose un chevalet en ivoire ou en os, placé sur un renfort en cuir. Plus haut se situe une touche, sans frette, recouverte d'os ou d'ivoire et un chevillier extrêmement complexe, puisqu'il accueille pas moins de 35 cordes métalliques, dont une série de 9 cordes sympathiques (accordées selon l'échelle diatonique du râga et parfois pincées par la main gauche), puis, inaccessibles, une série de 11 à 15 cordes sympathiques (accordées selon l'échelle chromatique c'est-à-dire une "échelle musicale" composées par douze degrées), puis placées sur des petits chevalets, deux séries de 5 cordes rythmiques (chikari) (accordées de manière datonique complémentaire selon deux râgas différents, et frappées de la main gauche) et 1 corde à la quinte, et enfin, les 3 cordes principales, en boyau épais, qui surplombent le tout et avec lesquelles on peut atteindre trois octaves et demi. L'archet plutôt large, convexe et lourd, est tenu par la paume de la main droite tournée vers le ciel ; le majeur et l’annulaire sont placés entre la mèche en crin de cheval et la tige rigide en ébène. Le Sârangî se reconnait grâce au type d'ouverture pratiquée entre les divers chevilliers, en forme de mosquée. La "Chotî Sârangî" est une version populaire pendjabi de cet instrument, alors que le Kâshmiri Sârangî, plus petite, possède moins de cordes.

Le Santoor Le Santoor (ou santûr, santour, santur, santouri ou santîr selon les pays) est un instrument dont ses origines indiennes se situerait au Cachemire, semblerait-il par l'influence perse de la Route de la Soie. Il semblerait qu'en Inde du Sud, dans des temps très anciens, un instrument, le "vîna à cent cordes" ou "shatatantri vîna" lui ressemblait mais il a disparu. Le Santoor accompagne souvent la musique soufis. Il possède plus de 100 cordes tendues sur un rectangle creux et frappées avec deux petits maillets faits de noix. Il est plus grand et volumineux, plus lourd et plus sonore, et possède plus de cordes que ses cousins du Moyen-Orient. Il est souvent plus décoré soit par des bas-reliefs, soit par des appliques de marqueterie. Le Santoor a une caisse de résonance trapézoïdale imposante (80 cm × 60 cm × 8 cm) en teck ou en noyer. De 96 à 130 cordes passent sur les 24 à 30 sillets en os de chameau des chevalets amovibles (du type pions d'échiquier) placés sur une table d'harmonie de qualité variable qui va d'une pièce délicate de menuiserie au contreplaqué. Les chevalets sont organisés en deux séries de 15 presque parallèles à l'angle de la caisse de résonance ; il n'y a pas de série centrale, mais deux séries latérales, l'une à gauche, l'autre à droite, et la disposition des notes ne va pas de gauche à droite, mais de bas en haut, si bien que les basses sont en bas et les aiguës, en haut, indifféremment de toutes considérations de côté. On utilise au moins huit calibres différents de cordes hétérogènes (acier, fer, bronze, laiton, filetée) placées en chœurs de deux, trois ou quatre, ce qui ne facilite pas la maintenance. Les chevilles, ni filetées ni lisses, sont placées sur le côté droit de la caisse de résonance. De simples clous sont placés sur le côté opposé afin de maintenir les cordes. Les baguettes ou mezrabs, tenues avec trois doigts, sont de forme similaire mais avec un poids et une épaisseur bien supérieurs, ce qui provoque deux nouvelles utilisations : le musicien se sert du poids du mezrab à titre de rebond afin de créer des trémolos. De plus, il peut aussi le faire glisser sur les cordes et obtenir un son de vibration très feutré, grâce à des mini-encoches réalisées sur l'avant recourbé en forme de patin.


La Tambura La Tambura se décline en plusieurs orthographe et prononciation. Dans les différents pays du monde, on peut la retrouver sous tambûr, tambur, tamboor, tanbur, tanbura, tamboura, dambura, tanburag, tampura, tampuri, tamburitza, tonbul ou tunbûr ou encore pandura, pandore, bandora, dombra. En français, elle est souvent prononcée et orthographiée "tampoura". En Inde du Sud, on l'appelle aussi tamboura ou tampuri (petite tampura). Les Anglo-Saxons, y compris les Indiens anglophones, utilisent plutôt la graphie "tanpura" ou "tânpûrâ".On rencontre également d'autres termes tels tandûrâ ou tambûrî, qui sont des versions réduites folkloriques du Rajasthan et du Maharashtra. La Tampura est l'instrument qui maintient en bourdon harmonique d'accompagnement constant dans toute la musique Indienne. Instrument essentiel à la musique indienne modale, il accompagne toute manifestation musicale en précédant toute autre émission sonore (vocale ou instrumentale). Il s'agit en quelque sorte d'un diapason permanent. Il y en a généralement deux qui accompagnent les grands artistes (chanteurs ou instrumentistes). Par sa forme, il est semblable au Sitar, mais ne comporte qu'une seule caisse de résonance en gourde (tumba) ou citrouille (on l'appelle alors "Mirâj Tambura" ou bois massif évidé, et aucune frette ni corde sympathique. Il est composé d'un manche creux et d'une table d'harmonie, généralement en bois de teck, tun ou jacquier. Quelques types rares de tambura ont une caisse de résonance octogonale. Il comporte en général quatre cordes en acier et laiton (parfois cinq ou six) jouées à vide en arpège et qui servent de bourdon. Le son des cordes est enrichi par l'intercalage d'un fil de soie (appelé "jîvâ", la vie) entre celles-ci et le chevalet plat, qui provoque un bourdonnement (jîvâri) caractéristique. La répétition régulière de microtons définit le champ où va s'opérer l'improvisation du soliste. Des petites perles placées près du chevalet permettent un accordage fin des cordes. Il est hautement décoré d'appliques en os ou en ivoire. Il en existe un grand modèle (60 cm de diamètre et 150 cm de long) pour les hommes (chanteur), un moyen (accordé une quinte plus haut) pour les femmes et une petite (tampuri) pour accompagner les instruments.

La Dilruba & l'Esraj Il a été difficile pour moi de distinguer la différence entre la Dilruba et l'Esraj et les informations sur ces deux instruments restent assez confuses. Durant mes recherches, il assez courant que les gens sont incapables de les distinguer. La différence se trouve dans la forme de résonateurs et de la manière dont les cordes sympathiques sont attachées. Pourtant, elles sont si semblables que le joueur de Dilruba n'a aucun mal à jouer de l'esraj ou même une vina de mayuri et vice versa. La différence résiderait également de la situation géographique où elles seraient jouées. La Dilruba (qui signifie "amour" m'a-t-on dit) est une vièle qui serait apparue au XIXème siècle en Inde, alors que les joueurs de sarangi se faisaient rares dans les cours des maharadjas. Une autre version, attribuerait son origine au taus, un autre instrument à cordes frottés du Nord et du Centre de l'Inde et soutenu pour le compte du Guru Hargobind, le 6ème gourou sikh (XVIIème siècle). Enfin, une troisième version, raconte que la création de l'instrument aurait été soutenu par Guru Gobind Singh, le 10ème gourou sikh (XVIIème et XVIIIème siècle). La Dilruba est un instrument à cordes frottées, mélange entre la sitar et la sarangi, conçue pour les joueurs de sitar, qui peuvent facilement s'y adapter. La Dilruba aurait remplacé peu à peu le taus dans l'armée sikh qui portait l'instrument à cheval. On le retrouverait alors dans les États du Pendjab, l'Uttar Pradesh et le Maharashtra. L'Esraj, plutôt d'origine afghane, se trouverait principalement dans l'Est de l'Inde, au Bengale. Il serait utilisé dans une plus vaste variété de styles musicaux que la dilruba. La structure des deux instruments est très similaire, ayant chacune la taille d'un sitar. Un manche creux très large et très long y est accolé, muni de frettes métalliques convexes amovibles, placées comme sur le sitar. Certains instruments sont décorés de marqueterie et d'ivoire. Il y a quatre cordes principales pouvant être frottées, dont l'une sert de corde de jeu principale et l'autre ne sert que de bourdon ; sous les frettes passent 12-15 cordes sympathiques pour l'Esraj et 15-18 cordes pour la Dilruba, dont la majorité sont fixées le long du manche sur un support externe, le reste passant sur un chevalet plat en haut du manche et étant fixées sur la tête. La caisse de résonance est taillée dans du bois massif de mûrier ou de tun. De forme rectangulaire, elle est recouverte d'une peau de chèvre sur laquelle repose un renfort et le chevalet. L'Esraj possèderait quelquefois en plus et en équilibre, une gourde. L'archet est plus léger et plus moderne que celui du sarangi, plutôt concave, et tenu paume vers le ciel. L'Esraj est surtout utilisé comme instrument d'accompagnement, notamment dans la musique bengalie. Mais il peut également être utilisé comme instrument principale pour la musique classique indienne. Après avoir faillit disparaître dans les années 1980, l'influence croissante pour la musique sikhe religieuse (le mouvement "Gurmat Sangeet") a sauvé cet instrument.

Le Dilruba

L'Esraj


La Swarmandal Le Swarmandal (स्वरमण्डल;) ou harpe indienne est st un instrument de musique à cordes pincées. Il s'agit d'une cithare plus couramment utilisé comme instrument d'accompagnement pour le chant. Son nom Le nom combine "swara" (notes) et "mandal" (groupe), ce qui représente bien sa capacité à produire un grand nombre de notes Bien que fort ancien dans les textes, l'instrument n'est aujourd'hui que la simple réplique des cithares que l'on retrouve en Autriche. Il a d'ailleurs peut-être venu, tout comme l'harmonium ou le violon. Il comporte en général 20 ou 40 cordes et une rosace centrale. Le chanteur peut choisir d'employer de 21 à 36 cordes. Les cordes sont accrochées dans un clou logé dans le bord droit de la Swarmandal et à gauche sont enroulés autour des chevilles rectangulaires qui peuvent être serrés avec une clé spéciale. Comme le tampura, il joue le rôle de soutien modal : le jeu consiste à effleurer les cordes dans un mouvement régulier sans chercher à faire de mélodie, les cordes étant accordées en fonction du raga joué.

Le Svarabat (Svaragat) Le Svarabat est un instrument de musique à six cordes pincées (avec ou sans plectre) montées sur un manche muni de chevalets et avec une caisse de résonance cylindrique en bois couverte de peau. La tête du manche est souvent sculptée en forme de bec de perroquet. C'est un instrument qui se retrouverait dans le Sud de l'Inde.


Le Surbahar Le Surbahar (सुर बहार - littéralement "Mélodie du Printemps") est un instrument à cordes pincées. C'est une grande sitâr dont la caisse est à fond plat et a été créé au début du XIXème siècle. Le surbahar est un vieil instrument dérivé de la vînâ et du tambûr. Il ressemble au sitar, mais est encore plus grand. Son manche est beaucoup plus large. Sa tête se termine par une sculpture de cygne ou de paon. Et sa caisse de résonance est une calebasse aplatie, et non sphérique. Les cordes sont plus grosses et le son plus grave et plus fort que celui du sitâr. Le surbahar a plus de 130 cm. Comme résonateur, il a une gourde séchée et possède un col avec frettes très larges, ce qui permet un glissando de six notes sur la même frette par le procédé de traction. Le cou est fait en bois de teck ou de tun (Cedrela thon). Il a quatre cordes rythmiques (de cikari), quatre cordes de jeu (la plus large de 1 mm), et 15 à 17 cordes sympathiques. Il y a deux ponts; les cordes jouables passent sur le pont supérieur, qui est relié à la tabli avec de petites pattes, qui sont collées en place. Les cordes sympathiques passent au-dessus du plus petit pont qui est directement collé sur le tabli. L'instrumentiste joue avec les cordes à l'aide d'un plectre en métal. Sa technique de jeu est assez similaire à la sitâr, ce qui permet aux musiciens de passer d'un instrument à l'autre sans trop de difficultés. Il permet de jouer des mélodies complexes.

Le sursingar Le sursingar ou sursingar ou surshringar viendrait du mot "sringara" qui signifie "Plaisir" en sanskrit. C'est le mélange de luth avec du sarod. Son corps principal est de bois et de cuir. Il dispose de deux boîtes de résonance; la boîte principale est faite d'une calebasse coupée, sur lequel un couvercle en bois est fixé. Le mécanisme de production de son de l'instrument est constitué par une gourde. La gourde est attaché à un manche en bois creux. La poignée est parfois recouverte d'une plaque de métal. Ses cordes sont d'acier et de bronze et sont joués avec un pic de méta Il a quatre cordes principales et quatre rythmiques (chikari). Les cordes sont habituellement faites de laiton). Il est joué avec un plectre (mezrab), un onglet ou même parfois un arc. Il est constitué d'une caisse plus allongée que celle du sitâr, et est formé d'un double résonateur. C'est un instrument devenu rare.

Le Ravanhatta Le Ravanhatta (ou ravanhatta, rawanhattha, ravanastron, Ravana hasta veena) est une vièle rustique indienne considérée comme l'ancêtre le plus primitif du violon et du rabaâb. Selon la légende, il aurait été inventé en 3.000 avant notre ère au temps du Roi de Ceylan, Ravana. Mais d'autres sources, dirait qu'il est encore plus ancien et viendrait de la vallée de l'Indus. Il est constitué de deux cordes nommée "Roda" et "Chadhav" en boyau de gazelle, crin de cheval ou en acier, et accordées à la quinte, un chevalet, une caisse de résonance en noix de coco recouverte de peau de chèvre ou de gazelle, un manche en bois, des chevilles et un archet en bambou ; celui-ci est percé au talon d'un trou dans lequel passe la mèche arrêtée par un nœud et à la pointe, c'est dans une fente que vient se fixer, par un nœud également, l'autre bout de la mèche. Il est ainsi courbé comme un arc (à la différence de l'archet moderne). On note la position particulière de l'archet : celui-ci est bloqué par la mèche entre les deux cordes, et l'on frotte l'une ou l'autre de celles-ci selon que l'on met l'archet vers l'avant ou vers l'arrière. Autrefois populaire au Sri Lanka et dans l'Ouest de l'Inde, aujourd'hui c'est un instrument très présent et très joué au Rajasthan par les musiciens itinérants. Il se joue souvent debout, tenu contre la poitrine, en même temps que le musicien chante. Il est parfois accompagné des castagnettes indiennes la kartal. C'est un instrument qui se réalise de manière très artisanale et est l'instrument par excellence pour les touristes.

Le Violon Le violon est l'un des instruments les plus populaires dans le monde. Un instrument à quatre cordes simples joué avec un archet, son ton vif, dynamique et une variété infinie qu'il est possible de l'approprier pour presque tout type de musique. Les origines du violon sont difficiles à déterminer, puisque les instruments à cordes frottées ont été joué dans de nombreuses parties du monde depuis des millénaires, mais le violon dans sa forme moderne a été développé en Europe dans les années 1500, vers la fin de la période de la Renaissance. Au cours des prochains siècles, le violon est devenu l'un des principaux instruments de la musique occidentale, et il a été initié à la musique classique indienne de l'Occident au 19ème siècle. A partir du 16e siècle, l'Inde a connu une vaste influence de diverses puissances européennes. Au début des années 1800, un éminent musicien et compositeur, Baluswamy Dikshitar (1786-1859), a eu une formation de violon et a ainsi commencé à jouer de la musique indienne avec l'instrument. Le violon s'est avéré parfaitement adapté à la musique indienne. Ainsi Baluswamy Dikshitar est considéré comme( le père de la lutherie classique indienne. A sa suite, de nombreux autres artistes, tels que le célèbre Tanjavur Vadivelu dans la cour du Maharaja Swati Tirunal, a appris à jouer du violon et a ainsi aidé à l'établir dans le domaine de la musique carnatique. Le violon a rapidement dominé le rôle d'accompagnement, comme il est tout à fait capable de suivre et de répondre à la musique de la voix et d'autres instruments. De grands solistes et duettistes ont émergé, en contribuant à leur manière à l'art de jouer du violon. Bien que la construction du violon est le même dans la musique indienne et occidentale, le réglage, la posture de jouer, et les techniques sont très différentes. Tout d'abord, les cordes sont accordées dans le schéma suivant en fonction de la note tonique (shruti) approche basée sur la mélodie dans la musique indienne: L'autre grande différence dans la manière de jouer en Inde du violon est la posture. La musique indienne est joué alors que les musiciens sont assis sur le sol, et c'est tout naturellement que le violon se joue assis. Il a alors fallu adapter le jeu de l'instrument à cette position. Aujourd'hui, le violon est non seulement omniprésente dans la musique carnatique, mais il est également devenu un instrument populaire dans la musique classique indienne. Le violon s'avère en effet tout à fait adapté pour respecter les nuances et les éclats de la musique indienne avec la possibilité d'utiliser les microtons et la virtuosité qu'il permet de développer. (Source http://akkarai.in)

Les instruments présentés dans cette chronique ne sont pas les seuls représentants de la grande famille des instruments à cordes que l'on retrouve en Inde. Je continue à me documenter sur ces instruments et je complèterais cet article si je trouve des informations plus précises. De plus, deux nouvelles chroniques suivront celle-ci où vous je vous inviterais à découvrir les instruments à vent et les percussions. Voici une liste plus complète des instruments à cordes Les pincées : bîn, dotara, ektara, gopichant, jivari, khamak, malunga, mandoline, rabâb, sarod, sitar, surbahar, sursingar, swarmandal, tampura, suwata, tumbi, tuntina, vînâ (sarasvati vînâ, rudra vînâ, vichitra vînâ, gottuvadhyam vînâ et mohan vînâ) Les frottées : esraj, dilruba, mayuri, onavillu pena, ravanhatta, sarangi, sarinda, saz-e-kahmir, sorud, sringara, violon Les frappées : onavillu,, santoor, villu, villukottu

©2020 par L'Inde en Livres - Atasi