Les "Neufs Nuits " Navratri ou Navaratri
Dernière mise à jour : 17 oct.

L’année hindoue compte quatre périodes de neuf nuits, appelées Navaratri, consacrées au culte (puja) de la Déesse. Parmi elles, celle du printemps (Vasanta Navaratri) et, surtout, celle de l’automne (Sharad Navaratri, également appelée Sharadiya Navaratri) sont considérées comme les plus importantes. Cette dernière est aujourd’hui la plus largement célébrée.
Dans le nord de l’Inde, au Bengale, en Odisha (anciennement Orissa) ainsi qu’au Népal, où elle s’inscrit dans les célébrations nationales de Dashain, les festivités automnales sont consacrées au culte de la Déesse dans ses différentes manifestations, notamment Durga, Parvati, Lakshmi et Gauri. Kali et Sarasvati font également l’objet de célébrations spécifiques, à des dates qui leur sont propres selon les traditions régionales. Ces festivités célèbrent notamment la victoire de la Déesse sur les forces du mal.
Le mot Navaratri signifie littéralement "neuf nuits" en sanskrit : nava signifie "neuf" et ratri, "nuit". Au cours de cette période, neuf formes de la Déesse, désignées sous les noms de Shakti ou de Devi, sont traditionnellement vénérées.
Le Sharad Navaratri se déroule au cours du mois hindou d’Ashvina (ou Ashvin), qui correspond généralement aux mois de septembre et d’octobre du calendrier grégorien. Les célébrations durent neuf nuits et dix jours et s’achèvent avec Vijayadashami, également appelée Dussehra, le dixième jour.
Dans certaines régions de l’Inde, notamment au Bengale, les célébrations culminent lors de la fête de Vijayadashami. Les pratiques et la durée des festivités varient toutefois selon les traditions régionales. Comme Navaratri suit le calendrier luni-solaire hindou, sa durée peut également varier selon les années : certaines éditions comportent huit jours de célébration, le dernier jour coïncidant alors avec Vijayadashami.
Il existe quatre célébrations saisonnières de Navaratri au cours de l’année. Cependant, le festival automnal, Sharad Navaratri, est généralement considéré comme le plus important et le plus largement célébré.

Dans certaines traditions de l’hindouisme, notamment celles associées à la Devī Māhātmya, la Déesse suprême se manifeste sous différentes formes, parmi lesquelles Mahasaraswati, Mahalakshmi et Mahakali. Ces trois formes sont associées respectivement aux énergies divines (shakti) de Brahma, de Vishnu et de Rudra (une forme de Shiva). Dans certaines interprétations théologiques, elles donnent lieu à d’autres manifestations de la Déesse, dont les neuf formes de Durga, collectivement appelées Navadurga ("les neuf formes de Durga").
Le festival de Navaratri est notamment consacré à la vénération de la Déesse sous ses différentes manifestations. Dans la tradition des Navadurga, chacune des neuf nuits est associée à l’une des neuf formes de Durga. Dans certaines régions de l’Inde, chaque journée est également associée à une couleur particulière. Les fidèles honorent alors la forme de la Déesse correspondant au jour célébré et peuvent porter des vêtements de la couleur qui lui est traditionnellement associée. Les couleurs et leurs associations varient toutefois selon les traditions régionales.
Les neuf formes classiques de Navadurga

Dans la tradition la plus courante, chaque jour de Navaratri est associé à l’une des neuf formes de Durga, appelées les Navadurga.
1. Shailaputri : Première forme, fille de la montagne, associée à la nature et à la force primordiale.
2. Brahmacharini : Figure de l’ascèse, de la dévotion et de la persévérance.
3. Chandraghanta : Forme guerrière et protectrice, reconnaissable à la lune en forme de cloche sur son front.
4. Kushmanda : Associée à la création de l’univers par son sourire ou son rayonnement.
5. Skandamata : Mère de Skanda, le dieu de la guerre, incarnant l’amour maternel.
6. Katyayani : Déesse guerrière qui combat les forces démoniaques.
7. Kalaratri : Forme redoutable qui détruit les forces du mal et dissipe la peur.
8. Mahagauri : Associée à la pureté, à la paix et à la grâce.
9. Siddhidatri : Celle qui accorde les pouvoirs spirituels et les accomplissements.
Les différentes manifestations de Shakti vénérées pendant Navaratri
Au-delà des neuf formes traditionnelles de Durga, appelées Navadurga, de nombreuses autres manifestations de Shakti, la puissance féminine divine, sont également vénérées pendant Navaratri ou associées à ses traditions religieuses. Parmi elles figurent Bhadrakali, Annapurna, Bhavani, Tripurasundari et Mookambika. Leur place dans les célébrations varie selon les régions, les coutumes locales et les traditions hindoues. Ces déesses illustrent la diversité des formes sous lesquelles la puissance divine féminine est honorée.

1. Durga
Durga, également appelée Maa Durga ("Mère Durga"), est l’une des principales manifestations de la Déesse dans l’hindouisme et incarne la puissance divine féminine (shakti). Elle occupe une place particulièrement importante au Bengale-Occidental, où elle est au cœur des célébrations de Durga Puja.
Selon la tradition hindoue, Durga est connue pour avoir vaincu le démon Mahishasura, dont le nom signifie approximativement "démon-buffle".
D’après le récit rapporté notamment dans la Devī Māhātmya, elle se manifesta à partir des énergies divines conjuguées de plusieurs dieux, dont Brahma, Vishnu et Shiva, afin de combattre les forces démoniaques que ceux-ci ne parvenaient pas à vaincre. Sa naissance ne résulte donc pas simplement de leur colère et de leur impuissance : elle représente la réunion de leurs puissances divines et la manifestation d’une force autonome, capable de triompher du démon là où les dieux avaient échoué. Durga symbolise ainsi le rétablissement de l’ordre cosmique et la victoire du bien sur le mal.

2. Bhadrakal
Bhadrakali est une manifestation de la Déesse dans l’hindouisme, généralement associée à Kali et particulièrement vénérée dans le sud de l’Inde, notamment au Kerala. Son nom provient du sanskrit bhadra, qui signifie notamment "bénéfique", "favorable" ou encore "auspicieux" et de Kali. Elle incarne ainsi une puissance divine à la fois redoutable et protectrice. Bien qu’elle soit souvent représentée sous une apparence guerrière et terrifiante, Bhadrakali est également considérée comme une divinité bienveillante envers ses fidèles, capable de les protéger contre les dangers et les forces du mal.
Plusieurs récits mythologiques relatent son origine. Dans certaines traditions du Kerala, Bhadrakali serait née du troisième œil de Shiva, dont la colère aurait provoqué sa manifestation afin de combattre le démon Darika (également appelé Daruka). Selon le récit développé dans le Bhadrakalimahatmya, un texte mythologique régional, la Déesse finit par vaincre ce démon et rétablir l’ordre menacé par ses méfaits. D’autres traditions attribuent sa naissance à la puissance conjuguée de plusieurs divinités. Ces récits varient selon les textes et les traditions locales.
Bhadrakali est souvent représentée avec une apparence sombre, plusieurs bras portant des armes et une chevelure déployée, parfois figurée comme enflammée. Ces attributs soulignent sa puissance guerrière et sa capacité à combattre les forces démoniaques. Toutefois, son caractère redoutable ne s’oppose pas à sa dimension maternelle : dans plusieurs récits et traditions dévotionnelles, sa fureur guerrière coexiste avec la compassion et la protection qu’elle accorde à ses fidèles.
Au Kerala, le culte de Bhadrakali occupe une place importante dans la vie religieuse et culturelle. La légende de sa victoire sur Darika est notamment mise en scène dans des pratiques rituelles et artistiques telles que le Mutiyettu (Mudiyettu), un théâtre rituel inscrit en 2010 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. La déesse est également associée, dans certaines traditions, au Kalaripayattu, un art martial traditionnel du Kerala, dont certains lieux d’entraînement abritent des espaces consacrés à des divinités protectrices.
Bien que Bhadrakali soit étroitement liée aux traditions de Shakti et au culte de Durga, elle ne figure pas parmi les neuf formes traditionnellement énumérées dans le cycle des Navadurga. Elle constitue plutôt une manifestation distincte de la Déesse, dont le culte possède des caractéristiques propres, particulièrement au Kerala.

3. Amba ou Jagadamba, la Mère de l’Univers
Amba, également appelée Jagadamba (ou Jagadambā), est une manifestation de la Déesse dans l’hindouisme. Son nom, issu du sanskrit, signifie "Mère de l’Univers" et exprime son rôle de mère divine, protectrice et source de toute existence. Elle est particulièrement vénérée au Gujarat et dans d’autres régions de l’ouest de l’Inde, où son culte occupe une place importante lors des célébrations de Navaratri, notamment à travers les danses traditionnelles du garba et du dandiya raas.
Amba est souvent identifiée à Durga, Parvati ou à la Déesse suprême (Mahadevi), selon les traditions. Toutefois, ces noms ne désignent pas nécessairement des divinités distinctes : ils peuvent représenter différentes manifestations ou différents aspects d’une même puissance divine, appelée Shakti. L’appellation Jagadamba met particulièrement en valeur sa dimension maternelle et universelle, tandis que son association avec Durga souligne son pouvoir de protection et sa capacité à vaincre les forces du mal.
Dans les traditions liées à Durga, la Déesse est notamment connue pour avoir vaincu le démon-buffle Mahishasura. Cet épisode symbolise le triomphe de la puissance divine sur les forces qui menacent l’ordre cosmique. Cette association est toutefois à replacer dans les différents récits consacrés à la Déesse, car les légendes et les identifications varient selon les régions.
Au Maharashtra, une forme régionale de la Déesse est vénérée sous le nom d’Ambabai, notamment à Kolhapur, où elle est traditionnellement identifiée à Mahalakshmi. Il convient de distinguer cette figure de Bhavani, une autre manifestation de la Déesse particulièrement importante dans l’histoire religieuse des Marathes. Selon la tradition, la déesse Bhavani aurait accordé sa protection à Chhatrapati Shivaji Maharaj, fondateur de l’Empire marathe. Cette association relève de la tradition dévotionnelle et historique marathe et ne doit pas être automatiquement attribuée à toutes les formes d’Amba ou de Jagadamba.
Ainsi, Amba et Jagadamba illustrent la diversité des formes sous lesquelles la Déesse est honorée dans l’hindouisme. Leur culte associe la maternité divine, la protection des fidèles et la puissance capable de rétablir l’équilibre entre les forces du bien et du mal.

4. Annapurna Devi, la déesse de la nourriture et de l’abondance
Annapurna Devi, également appelée Annapūrṇā, est une manifestation de Parvati, la compagne de Shiva, dans laquelle s’exprime la puissance nourricière de la Déesse. Son nom est composé des mots sanskrits anna, qui désigne la nourriture, et purna, qui signifie "plein" ou "abondant". Annapurna incarne ainsi la capacité de nourrir les êtres vivants et de leur procurer ce qui est nécessaire à leur subsistance. Elle symbolise la générosité, la prospérité et la reconnaissance de la nourriture comme source de vie.
Selon un récit mythologique hindou, Shiva aurait un jour minimisé l’importance du monde matériel, considérant celui-ci comme une manifestation de l’illusion. Parvati décida alors de lui montrer que la nourriture ne pouvait être considérée comme insignifiante : elle fit disparaître les réserves alimentaires, provoquant la famine. Face aux souffrances des êtres vivants, Shiva comprit que la nourriture était indispensable à l’existence. Parvati se manifesta alors sous la forme d’Annapurna et recommença à distribuer des aliments, y compris à Shiva. Cette légende souligne l’interdépendance entre la vie spirituelle et les besoins matériels, ainsi que le rôle essentiel de la Déesse dans le maintien de la vie.
Dans l’iconographie hindoue, Annapurna est généralement représentée comme une jeune déesse au visage serein, richement vêtue et parée de bijoux. Elle tient souvent un récipient contenant de la nourriture et une louche, symboles de sa fonction nourricière. Selon les représentations, elle possède deux ou quatre bras. Son apparence exprime moins la puissance guerrière associée à certaines formes de Shakti que la bienveillance, l’abondance et la générosité.
Son culte est particulièrement important à Varanasi, ville sacrée du nord de l’Inde, où un temple lui est consacré à proximité du sanctuaire de Kashi Vishwanath, dédié à Shiva. La distribution de nourriture aux fidèles et aux personnes dans le besoin y rappelle l’importance du annadana, pratique consistant à offrir de la nourriture. Dans la tradition hindoue, ce geste est considéré comme une forme de générosité particulièrement significative, puisqu’il répond à un besoin fondamental de tout être vivant.
Annapurna est également honorée lors de fêtes religieuses, notamment Annapurna Jayanti, qui célèbre sa manifestation divine. Certaines traditions établissent aussi un lien entre la déesse et Akshaya Tritiya, une fête associée à la prospérité, au renouveau et aux actes généreux. Les dates et les pratiques liées à son culte peuvent toutefois varier selon les régions.
Ainsi, Annapurna Devi représente la dimension nourricière de la puissance divine féminine. À travers elle, la nourriture devient non seulement une nécessité matérielle, mais aussi un symbole de partage, de compassion et de responsabilité envers autrui. Bien qu’elle soit une manifestation de Parvati et de Shakti, Annapurna ne figure pas parmi les neuf formes traditionnelles de Durga appelées Navadurga.

5. Sarvamangala, celle qui apporte le bonheur à tous
Sarvamangala Devi est une appellation de la Déesse dans l’hindouisme, associée à la bienveillance, à la prospérité et à l’accomplissement heureux des événements. Son nom vient du sanskrit : sarva signifie "tous" ou "tout", tandis que mangala évoque ce qui est favorable, bénéfique ou de bon augure. Sarvamangala peut ainsi être comprise comme "celle qui apporte le bien à tous". Cette appellation exprime la dimension protectrice et bienfaisante de Shakti, la puissance divine féminine.
Dans les traditions hindoues, la Déesse est invoquée sous le nom de Sarvamangala pour obtenir sa protection, favoriser la prospérité et éloigner les influences néfastes. Cette dimension bienveillante ne s’oppose pas à ses manifestations guerrières : elle exprime un autre aspect de la même puissance divine, capable aussi bien de combattre les forces du mal que de préserver l’harmonie du monde et le bien-être des êtres vivants.
Sarvamangala est parfois associée à Parvati et à Sati, deux figures étroitement liées à Shiva dans la mythologie hindoue. Sati, première épouse de Shiva dans les récits traditionnels, est notamment connue pour son sacrifice, après lequel elle renaît sous la forme de Parvati dans de nombreuses versions de la légende. L’identification de Sarvamangala à ces figures dépend toutefois des textes et des traditions religieuses considérés.
Le culte de Sarvamangala est présent dans différentes traditions régionales de l’hindouisme. Un sanctuaire portant un nom associé à Sarvamangala est notamment signalé à Bodh Gaya, dans l’État du Bihar. Il convient cependant de distinguer l’existence de sanctuaires locaux consacrés à la Déesse des affirmations plus générales concernant l’étendue de son culte, qui nécessitent des sources spécifiques.
Sarvamangala illustre ainsi la dimension favorable et protectrice de la Déesse. À travers cette appellation, Shakti est honorée comme une puissance qui contribue au bonheur, à la prospérité et à l’équilibre de l’existence.

6. Bhairavi, la puissance redoutable de la Déesse
Bhairavi est une manifestation puissante et redoutable de la Déesse dans l’hindouisme tantrique. Son nom est apparenté à celui de Bhairava, une forme terrible de Shiva associée notamment au temps, à la destruction et à la protection. Bhairavi est parfois présentée comme sa contrepartie féminine ou sa parèdre. Elle incarne une puissance divine capable de détruire les forces du mal, de surmonter les obstacles et de conduire les fidèles vers une transformation spirituelle profonde.
Souvent rapprochée de Kali, Bhairavi partage avec elle une iconographie et des attributs évoquant la mort, la destruction et la puissance guerrière. Toutefois, les deux déesses ne se confondent pas systématiquement. Dans les traditions tantriques, Bhairavi représente également une énergie spirituelle intense, associée à la maîtrise des forces redoutables et à la transcendance des limites ordinaires. Son apparence terrifiante exprime ainsi une puissance qui dépasse les seules notions de colère ou de violence.
Bhairavi est parfois associée à Chandi, nom de la Déesse sous son aspect combatif, notamment dans les récits où elle affronte les forces démoniaques. Dans la Devī Māhātmya, un texte majeur consacré à la puissance de la Déesse, le combat contre les démons Chanda et Munda est cependant attribué à Kali, manifestation de la colère de Durga. Après les avoir vaincus, elle reçoit le nom de Chamunda, formé à partir des noms de ces deux adversaires. Chamunda est donc étroitement liée à Kali et à Durga, mais elle ne constitue pas nécessairement un autre nom de Bhairavi dans toutes les traditions.
Dans l’iconographie, Bhairavi est fréquemment représentée avec une apparence sévère, des yeux flamboyants et des attributs associés à la puissance destructrice. Certaines représentations la montrent avec plusieurs bras, tenant des armes ou des objets rituels. Ces éléments varient selon les textes, les traditions tantriques et les pratiques régionales. Son apparence redoutable symbolise notamment sa capacité à combattre l’ignorance, à dissiper les illusions et à transformer les forces qui entravent l’accomplissement spirituel.
Ainsi, Bhairavi incarne un aspect de Shakti dans lequel la puissance destructrice est indissociable de la transformation. Elle rappelle que, dans certaines traditions hindoues, la destruction n’est pas seulement une fin : elle peut également représenter la disparition de ce qui empêche le renouveau et l’éveil spirituel.


7. Chandika, la manifestation redoutable de la Déesse
Chandika, également appelée Devi Chandi, est une manifestation puissante et combative de la Déesse dans l’hindouisme. Son nom est associé à un aspect farouche de Shakti, la puissance divine féminine, qui se manifeste pour combattre les forces du mal et rétablir l’ordre cosmique. Bien qu’elle soit souvent rapprochée de Durga, Chandika se distingue surtout par l’expression intense de la puissance guerrière et destructrice de la Déesse.
Chandika occupe une place importante dans le Devī Māhātmya, un texte religieux consacré à la victoire de la Déesse sur les puissances démoniaques. Dans ce récit, elle affronte plusieurs adversaires redoutables et démontre que la puissance divine féminine peut vaincre les forces que les dieux eux-mêmes ne parviennent pas à maîtriser. Sa colère n’est pas présentée comme une émotion incontrôlée, mais comme une force dirigée contre ce qui menace l’équilibre du monde.
Selon un récit mythologique bien connu, la Déesse apparaît lorsque les énergies des dieux se réunissent pour faire face à la menace de Mahishasura, le démon-buffle. La lumière et la puissance émanant de ces divinités convergent pour donner naissance à une figure féminine divine, armée et capable de combattre le démon. Ce récit est particulièrement associé à la manifestation de Durga. Dans certaines traditions et interprétations, les noms de Durga et de Chandika désignent ainsi différents aspects d’une même puissance divine.
Chandika est parfois rapprochée de Katyayani, une autre manifestation de Durga. Dans les traditions liées aux Navadurga, Katyayani est la sixième des neuf formes traditionnellement vénérées pendant Navaratri. Son nom est notamment associé au sage Katyayana dans les récits relatant sa manifestation. Chandika et Katyayani peuvent être identifiées à la même Déesse dans certaines traditions, mais ces deux appellations ne sont pas systématiquement interchangeables.
La puissance de Chandika possède également une dimension cosmique. Elle représente la capacité de la Déesse à intervenir dans l’ordre du monde lorsque les forces destructrices menacent son équilibre. Son aspect terrible exprime alors non seulement la destruction de ses adversaires, mais aussi le rétablissement de l’harmonie et la protection des êtres vivants.
Ainsi, Chandika incarne l’aspect combatif de Shakti : une puissance souveraine dont la férocité est mise au service de la protection du monde et de la victoire sur les forces du mal.

8. Tripurasundari, la beauté suprême de la Déesse
Tripurasundari, également connue sous les noms de Lalita, Rajarajeshvari et Shodashi selon les traditions, est une manifestation majeure d’Adi Shakti, l’énergie féminine primordiale. Son nom signifie généralement "la Beauté des trois mondes", en référence aux mondes céleste, terrestre et souterrain. Elle incarne la beauté divine, la sagesse, l’harmonie et la puissance créatrice de l’univers.
Dans les traditions du shaktisme et du tantrisme, Tripurasundari est considérée comme une forme suprême de la Déesse. Elle occupe une place importante parmi les dix Mahavidyas, les grandes déesses de la Sagesse, où elle est notamment connue sous le nom de Shodashi. Lalita et Rajarajeshvari sont également des appellations associées à cette divinité. Selon les traditions, ces noms désignent différentes facettes d’une même Déesse plutôt que trois divinités distinctes représentant respectivement l’enfance, la jeunesse et la royauté.
Tripurasundari est souvent représentée comme une jeune femme d’une grande beauté, assise sur un trône ou un lotus. Elle tient généralement un arc en canne à sucre, des flèches fleuries, un nœud coulant et un aiguillon. Ces attributs possèdent une portée symbolique et sont notamment interprétés comme des représentations du désir, de l’esprit et des forces qui gouvernent l’existence. Sa beauté dépasse ainsi la seule apparence physique : elle symbolise l’harmonie cosmique et l’union de la conscience et de l’énergie divine.
Tripurasundari ne figure pas dans la liste classique des neuf Navadurga vénérées pendant Navaratri, mais elle occupe une place essentielle dans certaines traditions consacrées à la Shakti, en particulier dans le Sri Vidya, une tradition spirituelle qui lui voue un culte spécifique.

9. Bhavani, la déesse protectrice des guerriers
Bhavani est une forme de la Déesse, souvent associée à Durga et à Amba, particulièrement vénérée dans l’État du Maharashtra, en Inde. Elle incarne la force, le courage et la protection divine. Pour ses fidèles, elle représente une puissance capable de combattre les forces du mal et de défendre ceux qui implorent son aide.
Bhavani occupe une place importante dans l’histoire et la tradition dévotionnelle marathes. Elle est notamment associée à Shivaji Maharaj, fondateur de l’Empire marathe, dont la tradition rapporte qu’il vouait une grande dévotion à la déesse. Bhavani est ainsi devenue un symbole de courage et de protection pour les guerriers marathes. La légende selon laquelle la déesse aurait offert une épée à Shivaji fait partie de la tradition religieuse et héroïque qui s’est développée autour de sa figure.
Selon certaines traditions locales, Bhavani aurait vaincu le démon Matanga, qui opprimait les dieux et les humains. Cette victoire symbolise le triomphe de la justice sur les forces destructrices et renforce son rôle de déesse protectrice. Elle est notamment vénérée au temple de Tulja Bhavani, situé à Tuljapur, dans l’État du Maharashtra.
Aujourd’hui encore, Bhavani est honorée lors de Navaratri, particulièrement dans son sanctuaire de Tuljapur. Bien qu’elle ne figure pas parmi les neuf formes classiques des Navadurga, elle occupe une place importante dans le culte de la Déesse en Inde occidentale.

10. Mookambika, la déesse de la sagesse et de la protection
Mookambika Devi est une forme de la Déesse suprême, associée à Parvati et à la puissance divine féminine, Shakti. Elle est particulièrement vénérée dans le sud de l’Inde, notamment dans l’État du Karnataka. Sa figure réunit différentes qualités divines, dont la force protectrice, la sagesse et la bienveillance maternelle. Elle n’est donc pas uniquement considérée comme une forme douce et nourricière de Shakti : elle incarne également la puissance nécessaire pour vaincre les forces du mal.
Selon la tradition associée à son sanctuaire, la déesse affronta le démon Kaumasura, également appelé Kamasura dans certaines versions, qui terrorisait la population. Une prophétie annonçait que seul un être féminin pourrait le vaincre. Mookambika intervint alors pour mettre fin à sa tyrannie et rétablir la paix. Ce récit souligne son rôle de protectrice des êtres humains et sa capacité à unir compassion et puissance guerrière.
Le principal sanctuaire de Mookambika se trouve à Kollur, dans le district d’Udupi, au Karnataka, près de la côte sud-ouest de l’Inde. La tradition du temple présente la déesse comme une manifestation réunissant les qualités de Parvati, Lakshmi et Saraswati, associant ainsi puissance, prospérité et connaissance.
Il est préférable de parler du démon Mookasura dans ce récit : selon la légende locale, il fut rendu muet par la déesse de la parole, puis vaincu par Mookambika. Le nom « Mookambika » est lié à cette légende. Le récit du démon Kaumasura est parfois présenté comme une variante de cette histoire.
Les couleurs selon le jour
Pendant Navaratri, chacune des neuf journées est consacrée à l’une des neuf formes de la déesse Durga, appelées les Navadurga. Dans certaines traditions, une couleur particulière est associée à chaque jour et portée par les fidèles pour honorer la déesse et symboliser ses qualités. Ces couleurs peuvent représenter différentes valeurs spirituelles, telles que la force, la pureté, la sagesse, la paix ou le renouveau.
Il est toutefois important de noter que les associations de couleurs ne sont pas universelles : elles varient selon les régions, les traditions et parfois les années du calendrier. La liste ci-dessous présente une version particulière de ces associations, parmi celles observées pendant Navaratri.
Jour 1 de Navaratri : Shailaputri — le rouge
Shailaputri, dont le nom signifie « fille de la montagne », est la première forme des Navadurga. Associée à Parvati, elle symbolise la force, la stabilité et le lien avec la nature. Elle est également liée à l’énergie primordiale de la Déesse. Le rouge, couleur de la puissance et de l’énergie, lui est associé dans certaines traditions.
Jour 2 de Navaratri : Brahmacharini — le bleu royal
Brahmacharini incarne l’ascèse, la dévotion et la persévérance. Elle représente la maîtrise de soi et la détermination nécessaires pour progresser sur le chemin spirituel et atteindre la libération, appelée moksha. Sa dévotion est également associée à la patience et à la sagesse. Dans le calendrier des couleurs retenu ici, le bleu royal symbolise la force intérieure et la sérénité.
Jour 3 de Navaratri : Chandraghanta — le jaune
Chandraghanta est une forme guerrière de Durga, reconnaissable à la lune en forme de cloche qu’elle porte sur le front. Elle symbolise à la fois le courage, la vigilance et la protection contre les forces du mal. Le jaune, couleur de la joie, de la lumière et de l’optimisme, est associé à cette journée dans la tradition présentée ici.
Jour 4 de Navaratri : Kushmanda — le vert
Kushmanda est associée à la création de l’univers. Selon la tradition, son sourire rayonnant aurait donné naissance au cosmos et contribué à répandre la lumière dans l’obscurité. Elle représente la vitalité, la créativité et l’énergie qui animent toute forme de vie. Le vert, symbole de la nature, de la croissance et du renouveau, lui est associé.
Jour 5 de Navaratri : Skandamata — le gris
Skandamata est la mère de Skanda, également appelé Kartikeya, le dieu de la guerre. Elle incarne l’amour maternel, la tendresse et la protection qu’une mère accorde à son enfant. Toutefois, cette douceur s’accompagne d’une grande force lorsqu’il s’agit de défendre ceux qu’elle aime. Dans le calendrier retenu ici, le gris symbolise la force tranquille et la capacité à affronter les difficultés.
Jour 6 de Navaratri : Katyayani — l’orange
Katyayani est une forme guerrière de Durga. Selon la tradition, elle serait née de la puissance divine afin de combattre le démon Mahishasura. Son nom est associé au sage Katyayana, dans certaines versions considéré comme son père spirituel ou celui qui l’accueillit dans son ascèse. Elle représente le courage, la détermination et la victoire sur le mal. L’orange, couleur de l’énergie, de l’enthousiasme et de la force, est associée à cette journée dans la tradition présentée ici.
Jour 7 de Navaratri : Kalaratri — le blanc
Kalaratri est l’une des formes les plus redoutables de Durga. Son apparence sombre, ses trois yeux et son souffle ardent expriment sa puissance destructrice face aux forces démoniaques. Malgré son aspect terrifiant, elle protège ses fidèles et les aide à surmonter leurs peurs. Le blanc, couleur associée à la paix et à la pureté dans le calendrier retenu ici, rappelle que sa puissance vise à repousser le mal et à rétablir l’équilibre.
Jour 8 de Navaratri : Mahagauri — le rose
Mahagauri symbolise la pureté, la paix et la grâce. Selon un récit traditionnel, Parvati aurait acquis un teint sombre après une longue période d’ascèse dans l’Himalaya. Shiva l’aurait ensuite purifiée grâce aux eaux sacrées du Gange, révélant son éclat lumineux. Cette légende symbolise le renouveau et la purification spirituelle. Le rose, associé à l’affection, à l’harmonie et à l’optimisme, est la couleur de cette journée dans la tradition présentée ici.
Jour 9 de Navaratri : Siddhidatri — le bleu ciel
Siddhidatri est la neuvième forme des Navadurga. Son nom signifie « celle qui accorde les accomplissements » ou les pouvoirs spirituels. Elle est vénérée pour les bénédictions qu’elle dispense et représente l’accomplissement spirituel, la sagesse et la plénitude. Le bleu ciel, couleur de l’immensité, de la sérénité et de l’élévation spirituelle, lui est associé dans le calendrier retenu ici.

Les traditions et les célébrations de Navaratri en Inde
Pendant Navratri, la Déesse Mère, ou Shakti, est vénérée sous différentes formes, chacune représentant des aspects particuliers de la puissance divine. Dans certaines traditions, les premiers jours sont consacrés à Durga, qui symbolise la force nécessaire pour combattre les impuretés, les vices et les obstacles. Les jours suivants sont associés à Lakshmi, déesse de la prospérité et de l’abondance, puis à Saraswati, déesse de la connaissance, de la sagesse, de la musique et des arts. Cette répartition en trois périodes de trois jours est notamment présente dans certaines traditions, mais elle n’est pas suivie partout de la même manière.
Le dixième jour, appelé Vijayadashami ou Dussehra, marque l’aboutissement des célébrations. Dans de nombreuses régions du nord de l’Inde, cette journée commémore la victoire du dieu Rama sur le roi-démon Ravana, racontée dans le Ramayana. Des effigies de Ravana sont alors brûlées pour symboliser le triomphe du bien sur le mal. Dans d’autres régions, Vijayadashami est surtout associée à la victoire de Durga sur le démon Mahishasura et à la clôture des célébrations de Durga Puja.
Les principaux jours de Durga Puja commencent traditionnellement avec Shashthi, le sixième jour lunaire, lorsque la déesse est rituellement accueillie dans les pandals. Les jours suivants sont consacrés aux prières, aux offrandes et aux rassemblements. Vijayadashami marque la conclusion de la fête : les statues de la déesse sont conduites en procession puis immergées dans l’eau, selon un rituel symbolisant son retour à sa demeure divine. Ces célébrations sont précédées par Mahalaya, qui marque notamment, dans la tradition bengalie, le début symbolique de la période consacrée à la Déesse. Mahalaya est également associée à la fin de Pitri Paksha, période durant laquelle de nombreuses familles rendent hommage à leurs ancêtres.
D’autres divinités occupent également une place importante pendant Navaratri et les fêtes qui lui sont associées. Lakshmi est honorée pour la prospérité, Saraswati pour le savoir et les arts, Ganesha pour la sagesse et la levée des obstacles, tandis que Shiva et Kartikeya sont présents dans différentes traditions religieuses. Rama et Krishna sont également vénérés dans certaines régions.
Le neuvième jour, appelé Maha Navami dans plusieurs traditions, peut être consacré à Saraswati et à la célébration du savoir. Dans le sud de l’Inde et dans d’autres régions, on observe notamment l’Ayudha Puja, cérémonie au cours de laquelle les outils, les instruments de travail, les livres ou les armes sont honorés. Cette pratique exprime la gratitude envers les moyens qui permettent d’apprendre, de travailler et d’accomplir ses tâches. Dans certaines traditions, les livres et les instruments de musique sont associés à Saraswati, tandis que les outils et les armes peuvent être bénis au nom de la Déesse ou d’autres divinités protectrices.
Ainsi, Navaratri ne se limite pas à une célébration unique : cette fête réunit des traditions régionales variées autour de thèmes communs, tels que la dévotion à la Déesse, la victoire du bien sur le mal, la connaissance, la prospérité et le renouveau spirituel.
Légendes autour de Navratri
Il y a bon nombre de raisons pour fêter Navrati durant neuf jours mais la raison principale est la victoire du bien sur le mal. Deux légendes prédominent cette fête.
La première est celle qui est suivie par les parties nord et ouest du pays. C'est la victoire du seigneur Rama sur le cruel et démoniaque Ravana, celui qui a kidnappé sa femme, Sita. Les neuf jours de la navaratri représentent l'épopée du "Ramayana" et le dixième jour est le combat final entre le seigneur Rama et Ravana. Rama tue le Ravana à dix têtes en tirant une flèche dans son nombril, la source de son pouvoir et Ravana meurt. Le même est également présenté à Ramlila qui se termine le dixième jour, c'est Dussehra. La célébration se termine par l'incendie des effigies de Ravana et de ses frères Meghnad et Kumbhkaran.
La seconde légende concerne la déesse Durga, plutôt adoptée dans les États de l'Est et du Nord-Est de l'Inde. On pense que la déesse Durga s'est battue avec le démon buffle Mahishasura pour restaurer la paix et le Dharma. Elle a réussi et son succès est célébré chaque année à travers la Durga Pooja. Cette histoire figure dans l'épopée "Devi Mahatmya".
Cependant, dans les États du sud du pays, Navratri est célébrée en vénérant différentes déesses et en célébrant leur victoire.

Les célébrations de Navaratri à travers l’Inde
Navaratri est célébrée de façons très diverses selon les régions, les traditions et les communautés hindoues. Cette fête associe prières, rituels familiaux, spectacles, danses et rassemblements populaires. Si la dévotion à la Déesse et la victoire du bien sur le mal constituent des thèmes communs, les coutumes et les divinités mises à l’honneur varient d’une région à l’autre.
Dans le nord de l’Inde, les fidèles peuvent observer des jeûnes, réciter des textes sacrés et prier la Déesse sous ses différentes formes. Les célébrations comprennent également le Ramlila, des représentations théâtrales inspirées du Ramayana, le grand récit épique consacré à Rama. Organisés dans de nombreux lieux, ces spectacles se déroulent parfois sur plusieurs jours et s’accompagnent de foires populaires appelées melas, où les familles profitent des stands de nourriture, des attractions et des animations.
Les festivités culminent souvent avec Dussehra, également appelée Vijayadashami. Dans cette partie de l’Inde, cette journée commémore notamment la victoire de Rama sur Ravana, le roi-démon qui avait enlevé son épouse Sita. De grandes effigies de Ravana, parfois accompagnées de celles d’autres personnages démoniaques, sont brûlées, parfois avec des feux d’artifice. Ce rituel symbolise le triomphe du bien sur le mal.
Au Gujarat, Navaratri est particulièrement célèbre pour ses danses traditionnelles, notamment le garba et le dandiya raas. Les participants, vêtus de costumes colorés, dansent en cercle au rythme des chants et de la musique. Le garba se pratique souvent autour d’une lampe ou d’un symbole de la puissance divine féminine, tandis que le dandiya raas se caractérise par l’utilisation de petits bâtons que les danseurs frappent en rythme.
Ces soirées sont à la fois des manifestations de dévotion envers la Déesse et de grands rassemblements communautaires. Elles occupent une place importante dans la vie culturelle du Gujarat pendant les neuf nuits de la fête.
Au Bengale-Occidental, notamment à Kolkata, Durga Puja constitue l’un des événements religieux et culturels majeurs de l’année. Les principaux jours de célébration se déroulent vers la fin de la période de Navaratri. De grands pavillons temporaires décorés, appelés pandals, sont installés dans les quartiers et les espaces publics afin d’accueillir les statues de la déesse Durga, généralement représentée en train de vaincre le démon Mahishasura. Elle est souvent accompagnée de Lakshmi, Saraswati, Ganesha et Kartikeya.
Les fidèles se rendent dans les pandals pour prier, déposer des offrandes et admirer les décorations. Des spectacles, des manifestations artistiques et des rassemblements populaires animent également la ville. Le dernier jour, appelé Vijayadashami, les statues sont conduites en procession avant d’être immergées dans l’eau, symbolisant le départ de la déesse.
Mahalaya, qui précède les principaux jours de Durga Puja, marque une étape importante dans la tradition bengalie. Cette journée est notamment associée à l’évocation de la Déesse et à la fin de Pitri Paksha, période consacrée dans de nombreuses familles au souvenir des ancêtres.
Dans le sud de l’Inde, les célébrations prennent plusieurs formes selon les États et les communautés.
Au Karnataka, notamment à Mysore, la déesse est vénérée sous la forme de Chamundeshwari, associée à la victoire sur Mahishasura. Les célébrations de Mysore sont réputées pour leurs processions et leurs manifestations culturelles.
Dans certaines régions du Tamil Nadu, du Karnataka et de l’Andhra Pradesh, les familles organisent également le Golu, appelé aussi Bommai Golu, une exposition de figurines disposées sur des marches. Celles-ci représentent des divinités, des personnages mythologiques, des scènes de la vie quotidienne ou différents aspects du monde. Les familles accueillent des visiteurs, échangent des vœux et partagent parfois des chants, des prières et des mets préparés pour l’occasion.
Une tradition mythologique raconte que les dieux unirent leurs puissances pour permettre à Durga de vaincre Mahishasura. Les figurines du Golu s’inscrivent dans un univers rituel et culturel plus large, mais leur origine est interprétée de différentes manières selon les traditions : il n’est donc pas exact d’affirmer qu’elles représentent simplement les dieux figés après avoir transmis leur pouvoir à Durga.
Au-delà des festivités publiques, Navaratri est pour de nombreux fidèles une période de prière, d’introspection et de purification spirituelle. Dans certaines traditions, les neuf jours sont répartis en trois périodes consacrées à Durga, Lakshmi et Saraswati, qui représentent respectivement la force, la prospérité et la connaissance. Cette répartition n’est toutefois pas suivie partout de la même manière.
Vijayadashami est également considérée comme une journée propice pour commencer un apprentissage, entreprendre une nouvelle activité ou honorer les outils et les instruments de travail. Dans plusieurs régions du sud de l’Inde, la cérémonie de l’Ayudha Puja permet notamment de rendre hommage aux livres, aux instruments de musique, aux outils et aux armes. Ces pratiques expriment la gratitude envers les moyens qui permettent d’apprendre, de travailler et d’accomplir ses tâches.
Ainsi, Navaratri et les célébrations qui l’accompagnent reflètent la richesse des traditions hindoues. Malgré leurs différences régionales, elles mettent en valeur la dévotion, la puissance divine féminine, la victoire du bien sur le mal et le renouveau spirituel.

Navaratri, une célébration de la puissance divine féminine
Navaratri est bien plus qu’une fête religieuse de neuf nuits : elle célèbre la puissance de Shakti, la force divine féminine qui protège le monde, combat les forces du mal et contribue au maintien de l’équilibre cosmique. À travers les différentes formes de la déesse Durga et les nombreuses manifestations de la Déesse vénérées selon les traditions, cette célébration exprime des valeurs de courage, de sagesse, de dévotion et de renouveau spirituel.
Des prières aux danses traditionnelles, en passant par les cérémonies familiales et les grandes festivités publiques, Navaratri révèle la richesse et la diversité de l’hindouisme. Malgré la variété des coutumes régionales, un thème commun demeure : la victoire du bien sur le mal et la reconnaissance de la puissance divine qui protège et guide les êtres vivants.






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