"Contes indiens" de Stéphane Mallarmé



Soundari devina que les desseins de son amant n'étaient pas d'une bienveillance extrême à l'endroit du roi, mais, toute à son désir, cela lui parut insignifiant. Le difficile resta de s'arracher, en soupirant, des bras du prince et de regagner le palais. Oupahara, en retournant à la chapelle et vers l'anachorète, ne croisa sur son chemin qu'un lézard vert fuyant dans l'herbe aussi d'émeraude ; présage excellent pour les mariages et les affaires de cœur




"Les Contes indiens" de Stéphane Mallarmé furent a priori écrits en 1893 à la demande d'une de ses amies Méry Laurent. Cette dernière appréciait l'ouvrage "Contes et légendes de l'Inde ancienne" publiés par Mary Summer en 1878 mais n'aimait guère le style de cette historienne, romancière et orientaliste française. Elle demanda la réécriture de ces contes à Stéphane Mallarmé, un homme qui menait alors une vie partagée entre l'enseignement de l'anglais, son "gagne-pain obligé", et une intense activité poétique. Stéphane Mallarmé n'en modifiera ni l'histoire, ni la puissante force philosophique émanant de ces contes, mais les réécrira, à sa façon.


Dans "Les Contes indiens", à travers quatre magnifiques contes, le lecteur est transporté  dans une Inde mystérieuse, surréaliste et avant tout légendaire. Tour à tour, le lecteur découvre : l'histoire d'un prince ayant dessiné son portrait afin de l'offrir à une reine qui fut jadis sa fiancée ; l'histoire d'une princesse d'une beauté sans pareille qui, pour se protéger des regards, mis sur son visage un masque de peau de vieille femme et l'histoire d'une autre princesse qui tombe amoureuse du défunt roi du pays voisin qui reprend vie quelques heures par nuit. Le quatrième conte est le plus exceptionnel car il  n'est sans rappeler le cœur de l'hindouisme, ses épopées. Le lecteur est plongé dans un hybride entre un épisode du Mahābhārata, la célèbre partie de dés entre les Kaurava et les Pandava, et un épisode du Râmâyana, l'exil de Rama et Sita. Dans "Nala et Damayantî", le nom de ce conte, les dieux hindous rejoignent le récit des immortels et les mettront à l'épreuve.


Même si ces contes sont écrits dans un français soutenu, car ayant été écrit à la fin des années 1800 et qui plus est par un homme épris de poésie, ils ne pourront que vous charmer et vous transporter dans une Inde éternelle.

Tout bonheur ne fait qu'écarter peu de jours l'angoisse, il ne la détruit pas : un génie malfaisant, nommé Kali, lui aussi, aspirai pour la princesse, il jura de se venger


Contes indiens

De Stéphane Mallarmé

Éditions de l'Aube - Collection : Mikrós

Date de parution : 6 février 2020 - ISBN : 978-2815936200 - 88 pages - Prix éditeur : 10 €


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