• Véronique Schauinger

"La mort indienne" de Karin Fossum

Il y a tellement de choses … Tellement de hasards qui préparent la route au mal.



Gunder Jomann habite la ville d'Elvestad en Norvège et travaille dans une entreprise qui vend des machines agricoles. Gunder est un vieux garçon, timide et réservé, et qui est très proche de sa sœur Marie. C'est justement cette dernière qui lui donna le goût de l'Inde grâce à son livre "Tous les peuples du monde" où s'y trouvait une magnifique photographie d'un visage de femme indienne. Ce même visage qui donna envie à Gunder de se rendre à Mumbai et d'y trouver son âme sœur, au doux nom de Poona. Aussitôt rencontrés dans un restaurant tandoori de Mumbai, Gunder et Poona se marièrent. Poona alla alors quitter son Inde natale pour venir habiter dans la charmante maison à Gunder en Norvège. Après avoir fait les formalités pour venir vivre en Norvège, elle devait débarquer le 20 août et Gunder devait l'accueillir. Malheureusement, Marie fut grièvement blessée dans un accident de voiture et se trouvait à l’hôpital alitée. En l'absence de son mari, Gunder était à son chevet, chargeant un ami de chercher Poona à l'aéroport. Mais Poona a disparu. Le lendemain le corps sans vie d'une étrangère est trouvé dans un champ près d'Elvestad mais son visage est méconnaissable. S'agit-il de Poona et si oui, quelle malheureuse rencontre a-t-elle faite ? Pour résoudre ce meurtre, Konrad Sejer et son équipe mènent les investigations pour découvrir qui a pu perpétrer un meurtre aussi sordide et d'une telle violence. Mais les gens d'Elvestad ont la mémoire courte et ne sont pas très bavards.


"La mort indienne" est un polar digne de la série télévisé "Inspecteur Barnaby" mais au lieu de se trouver au fin fond d'Angleterre, l'on se retrouve en Norvège. L'histoire est captivante et addictive. Certes au début, l'histoire de Gunder Jomann est vite expédiée : son voyage, sa rencontre et son mariage. Presque trop beau pour être vrai. Sans compter le meurtre de sa dulcinée quelques petites heures après avoir foullé le sol norvégion et qui coïncide en plus avec l'accident de voiture de la sœur à Gunder. C'est un peu "gros". Concernant "L'Inde", l'on peut se demander ce que l'auteur connaît de l'Inde car j'ai trouvé quelques incohérences et très cliché. Après ces passages, l'histoire devient intéressante. Tout comme Konrad Sejer, le lecteur, en ayant quelques informations en plus, essaye de rassembler les pièces du puzzle. Mais attention à ne pas s'embrouiller car les gens d'Elvestad sont des gens très bizarres et très mystérieux. Heureusement, l'on retrouve de la douceur avec les les personnages attachants de Gunder et de l'inspecteur. Un polar et sans doute un auteur à découvrir, idéal pour s'aérer l'esprit.


Mr. Jomann est grand, fort et beau. C’est vrai qu’il n’a pas beaucoup de cheveux, et il n’est pas très preste, ni quand il agit ni quand il pense. Mais chaque pas est réfléchi, chaque pensée est pondérée. Il a une maison et un travail dans le pays dans lequel il vit. Avec un jardin, des arbres fruitiers, toutes sortes de choses. Il y fait froid, dit-il, mais je n’ai pas peur. Il a une aura de lumière et de chaleur autour de lui. Je veux y rester, toujours. Je n’ai pas non plus peur de ce que tu penses, cher frère, car je souhaite ceci plus que toute autre chose. Je vais partir pour son pays et habiter dans sa maison. Pour tout le reste de ma vie. Il n’y a pas de meilleur homme au monde que Gunder Jomann. Ses mains sont grandes et ouvertes. Ses yeux sont bleus comme le ciel. Une force paisible rayonne de ce corps fort et large. Je le sais, je l’ai vu, senti. La vie sera bonne avec lui. Sois heureux avec moi !
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Dès les premières fois qu'ils s'étaient regardés, avec un mélange de curiosité et de désir, ils avaient su tous les deux qu'ils allaient dans la même direction. La première fois qu'il s'était penché pour serrer doucement son corps frêle, et qu'il avait vu ces yeux noirs devenir brillants puis se voiler, avant qu'ils se ferment et qu'elle glisse lentement vers sa large poitrine,ils l'avaient su.
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La mort indienne de Karin Fossum

Titre original : Elskede Poona

Traduit du norvégien par Alex Fouillet

En format poche - Editeur : J'ai lu (11 juin 2009) - Collection : J'ai lu Thriller - ISBN-13 : 978-2290009079 - Poche : 347 pages - Prix éditeur : 6,90 €


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