top of page

"Le Dernier Roi de Singapour" Christophe Masson đŸ‡«đŸ‡·

  • 17 fĂ©vr.
  • 3 min de lecture

À la sortie du mĂ©tro, je me perdis comme j'en avais pris l'habitude Ă  Singapour, aprĂšs m'ĂȘtre pourtant rĂ©fĂ©rĂ© aux plans et les avoir mĂ©morisĂ©s - sans smartphone, histoire de faire fonctionner mes neurones. J'aimais ainsi m'apprendre Ă  me dĂ©placer Ă  l'instinct et apprivoiser l'espace urbain - jusqu'Ă  ce que je rĂ©alise que ces plans-lĂ  se prĂ©sentaient sous des axes diffĂ©rents, tantĂŽt le nord en haut, Ă  sa juste place, puis sur une carte dix mĂštres plus loin, Ă  gauche, Ă  droite ou en bas. (Page 83)


Christophe Masson est un auteur ayant son propre style, sa propre plume. Auteur-voyageur, il transforme ses pĂ©rĂ©grinations en Asie et aux AmĂ©riques — ses continents de prĂ©dilection — de ses voyages rĂ©cents ou passĂ©s, en romans singuliers. Ses livres tiennent Ă  la fois du journal de bord, du journal intime et du rĂ©cit de fiction, mĂȘlant humour, culture et introspection. Il s’y met en scĂšne avec finesse, trouvant un Ă©quilibre rare entre observation du monde et regard personnel.

Lire ses romans, c’est ĂȘtre immĂ©diatement projetĂ© dans le pays au cƓur de l’histoire. Christophe Masson possĂšde un sens du dĂ©tail presque cartographique : rues, quartiers, ambiances prennent forme avec une prĂ©cision telle que ceux qui, par exemple, connaissent Singapour et qui lisent "Le Dernier Roi de Singapour" y retournent instantanĂ©ment, tandis que les autres ont l’impression de la dĂ©couvrir en marchant dans ses pas. Retrouver les lieux Ă  travers ses descriptions minutieuses rend la lecture plus vivante, plus incarnĂ©e. Lire Christophe Masson, c’est revoir les rues qu’il a arpentĂ©es, croiser Ă  nouveau les personnes qu’il a rencontrĂ©es — ou qui l’ont inspirĂ© — et dĂ©couvrir une ville non seulement par ses paysages, mais par son histoire et ses figures marquantes. Les voyageurs reconnaĂźtront avec Ă©tonnement la justesse avec laquelle il retrace villes, routes et quartiers.

À ce talent d’évocation s’ajoute un travail documentaire remarquable. Pour chacun de ses romans, Christophe Masson rassemble une matiĂšre historique solide : personnalitĂ©s, Ă©vĂ©nements, hĂ©ritages culturels. Il fait revivre celles et ceux qui ont façonnĂ© les pays qu’il explore, les intĂ©grant Ă  une galerie de personnages fictifs ou rĂ©els, sans jamais alourdir le rĂ©cit. Cet Ă©quilibre entre Ă©rudition et narration est l’une de ses plus grandes forces.



"Le Dernier Roi de Singapour", l'histoire

Milan, auteur-voyageur, se rend Ă  Singapour six mois aprĂšs la vente aux enchĂšres de la table remarquable de ses parents. Milan vient y rencontrer son acquĂ©reur : Edward Saesson, riche homme d’affaires issu d’une dynastie ayant bĂąti sa fortune depuis Bombay, d’abord dans le commerce du coton puis dans celui de l’opium. La table achetĂ©e par Saesson, fils d'un marchand d'art, n’est pas un objet anodin : elle a Ă©tĂ© créée par la cĂ©lĂšbre architecte et designer française Charlotte Perriand, inspirĂ©e par les formes et l’esthĂ©tique des objets traditionnels japonais.

Milan profite de ce voyage pour rester trois semaines dans la citĂ©-État. Lui qui aime marcher, rencontrer, dĂ©couvrir, sait que ce temps est idĂ©al pour laisser Ă©merger le fil conducteur d’un Ă©ventuel futur dont il ne voit pas encore les contours, tout en s’imprĂ©gnant au maximum de la ville. Durant son sĂ©jour, il reste en contact permanent avec Saesson, mais aussi avec Nathan, son bras droit d’origine tamoule, Kamala, la fille Ă  Nathan, persuadĂ©e d’un complot autour du crash de la Malaysian Airlines, Madame Chow et son chow-chow Ă  la langue bleue, ou encore Jonathan Waymouth, Ă©crivain Ă  l’unique roman, habituĂ© des bars du cĂ©lĂšbre Raffles Hotel Singapore. Entre rencontres et errances urbaines, Milan explore Singapour de long en large, tout en convoquant la mĂ©moire des hommes qui ont bĂąti et gouvernĂ© la ville.

Ayant moi-mĂȘme sillonnĂ© Singapour, j’ai Ă©tĂ© ravie qu'un des nouveaux romans de Christophe Masson nous transporte dans cette citĂ©-État aux multiples charmes, profondĂ©ment multiculturelle, dont l’histoire mĂ©rite qu’on s’y attarde. La lecture est merveilleuse, teintĂ©e de nostalgie. MĂȘme si j’ai apprĂ©ciĂ© chacune des publications prĂ©cĂ©dentes, "Le dernier roi de Singapour" me semble le plus abouti. Preuve qu’il est possible de rester dans une zone de confort sans jamais lasser son lecteur. Christophe Masson, Ă©crivain atypique, continue de faire voyager et rĂȘver Ă  travers ses romans. Un auteur discret au talent remarquable.

Comme Ă  chaque fois, mais plus pour cette fois-ci, un pur plaisir de lecture, pour les amoureux d'ailleurs et les autres.



Royaume de Singapour en 1825 - Avec ses remparts et ses ruines - Source : wikipedia


"Le Dernier Roi de Singapour" de Christophe Masson

Éditions Revoir - Parution : fĂ©vrier 2026 -

ISBN : 9782352652281- 160 pages - Prix Ă©diteur : 16 €





2 commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
Invité
17 avr.
Noté 5 étoiles sur 5.

It is one of the five pillars of Islam and holds great spiritual value for every muslim. Through Ű­ŰŹ کی Ű§ÛÙ…ÛŒŰȘ, Muslims learn patience, equality, and sacrifice while following the footsteps of Prophet Ibrahim (A.S). This sacred journey purifies the soul and strengthens faith. Every year, millions gather in Makkah to fulfill this obligation, showing the true essence of brotherhood.

J'aime

Gerta
07 mars
Noté 5 étoiles sur 5.

Salut Ă  tous ! Je cherchais un terrain oĂč l'analyse bat le hasard, et je me suis retrouvĂ© sur cet exchange crypto Édifice Portfin https://edificeportfin.org . Ma conclusion ? Ton ego est ton pire ennemi. Ici, pas de bonus pour te sauver : c'est toi face aux courbes. AprĂšs une premiĂšre session oĂč j'ai tout perdu par pur excĂšs de confiance, j'ai compris la leçon. En revenant avec une approche plus posĂ©e, les rĂ©sultats ont enfin suivi. Depuis la CĂŽte d’Ivoire, je vois dĂ©sormais le trading comme l'ultime test de patience.

J'aime
  • facebook
  • instagram

©Véronique Schauinger pour Inde en Livres - 2020 - Màj 2025 

bottom of page