"Loin de Chandigarh" de Tarun J. Tejpal

L'histoire était toujours plus importante que le conteur. e n'était pas le conteur qui insufflait de la vie dans le récit, mais le récit qui maintenait le narrateur en vie.


"Loin de Chandigarh" est un roman qui contient plusieurs histoires.


L'histoire débute dans la ville de Chandigarh entre les années 80 et 90, avec Chinchpokli - un surnom donné par son épouse Fizz - et Fizz, dont le prénom original, Fiza, est d'origine sikh-musulmane. Chinchpokli et Fizz sont fortement amoureux, leur vie intime est très sensuelle et sexuelle. Chinchpokli est un écrivain avec une "Brother" rouge mais il n'a jamais réussi à finir un livre. Fizz, elle doit quant à elle,  surmonter les difficultés financières du couple, en donnant des cours dans des écoles. Un jour, Chinchpokli et Fizz décidèrent de quitter leur ville, pour aller vivre à Delhi. Alors qu'il est reporter, Chinchpokli a trouvé un travail de correcteur d'articles dans un journal. Il voulait arrêter d'écrire des articles bidons. Fizz, elle devient correctrice de mauvais manuscrits pour Dharma Books dont les livres ne se retrouvent dans aucune librairie et assistante de recherche intelligente chez Mme Khurana surnommée Méchante Reine. Ce travail consistait à mener des enquêtes sur les hommes en les questionnant sur leurs rapports sexuels.

Après de longues recherches de logement à Delhi, ils s'installèrent dans le quartier de Green Park, dans un barsati donnant sur le Parc aux daims, au deuxième étage, avec un merveilleux flamboyant qui se dressait devant. La nuit, ils avaient la compagnie d'un hibou qu'ils surnommaient "Maître Ullukapillu" car il prenait toujours part aux discussions nocturnes du couple.



Dans "Loin de Chandigarh", un chapitre est consacré à l'histoire de Bibi Lahori, la grand-mère de Chinchpokli. Elle avait vécu et connu les massacres de la partition en 1947. Tout comme son mari et les ouvriers agricoles, elle a failli perdre la vie. Après avoir vécu ces horreurs, elle a redoublé d'effort en travaillant durement afin de reconstruire tout ce qu'elle a perdu durant cette nuit. Le décès de cette brave femme, changea le court de la vie de son petit fils Chinchpokli et de son épouse, car ils touchèrent un héritage très conséquent. Lorsqu'ils eurent hérité de l'importante somme leur seul plaisir qu'ils eurent était de s'acheter une jeep Gypsy et un luxueux lit pour leurs ébats. Un jour alors qu'ils mangeaient des jabelis, ils tombèrent sur une annonce qui figurait sur le papier journal qui emballait les jalebis. Cette annonce proposait la vente d'une maison au contrefort de l'Himalaya, à Gethia. Après plusieurs hésitations, ils décidèrent d'appeler au numéro figurant sur l'annonce puis de s'y rendre. C'était une grande maison abandonnée au pic d'une colline qui se voyait à plusieurs kilomètres à la ronde. Malgré le délabrement, ils tombèrent follement amoureux de cette maison et de son environnement, l'achetèrent et y firent des travaux qui durèrent de très long mois. Ils faisaient souvent le chemin Delhi-Gethia pour suivre les travaux. Un beau jour, le couple étant à Delhi, un des ouvriers annonçait par téléphone à Chinchpolki qu'en abattant un mur ils trouvèrent un coffre. Lors de leur retour à la maison le week-end, le coffre était ouvert et contenait 64 carnets reliés de cuir fauve. L'écriture était très arrondi et il était difficile de lire ce qu'il y avait écrit. Beaucoup de gens des alentours, leurs conseillèrent de ne pas toucher à ses manuscrits et de ne pas remuer le passer mais pour Chinchpokli cela devient une obsession, réduisant peu à peu les relations très intimes avec Fizz et sa vie sociale. Il prit trois ans pour lire tous mais Fizz était entre temps partie.

Une autre partie est entièrement cnsacrée à une dame nommée Catherine. Il s'agit de la dame qui avait écrit dans ces livrets, et qui habitait à Gethia à la fin du 19ème et début du 20ème siècle. Catherine était d'originaire de Chicago, son père avait fait le tour du monde et sa mère Emily croyait à la fin du monde. A sa majorité, elle quitta ses parents pour vivre quelques temps à Londres puis elle finira par rejoindre Paris où elle rencontra Syed, Syed était un indien qu'elle pensait être ordinaire mais qui était en réalité le prince de Jagdevpur. Malgré qu'il soit l'aîné des fils, Syed n'habitait pas le palais et ne se mêlait d'aucunes décisions concernant son fief. Il  vivait dans un cottage avant la construction de la maison de Gethia. Catherine et Syed se sont mariés mais Syed était homosexuel. Il avait des relations avec ses serviteurs tous les jours sous les yeux de son épouse, parfois même elle participait. Catherine aimait également les ébats sexuels notamment avec Gaj Singh lorsqu'elle se retrouvait seule sur le chantier de Gethia et en profitait encore plus après le décès de son mari. Gaj Singh était un serviteur déjà marié, qui était avant de venir habiter chez Syed et Catherine, cuisinier chez le roi de Jagdevpur pour un plat précis : du mouton haché aux épices qui plaisait plus aux chiens qu'au roi. Il était d'origine montagnard, et dans sa famille ils étaient cuisinier de père en fils. Après la grande partie consacrée à Catherine, on retrouvera Chinchpolki seul à l'aube du 21ème siècle, seul dans sa maison de Gethia, à rechercher les mystères qu'ont laissés les manuscrits de Catherine notamment les raisons de son décès, se remémorer la rencontre avec Fizz en 1979 lorsque Chinchpolki était un très bon ami au cousin de Fiza, les premières années où ils ne furent qu'amis et où adorèrent se raconter des histoires et les moments où ils tombèrent amoureux, leur mariage en 1982 et leurs vies communes, leurs désirs l'un envers l'autre, leurs étreintes amoureuses, leurs ébats, leur amour passionnel. Mon impression sur le livre : j'avoue que j'avais beaucoup de mal à accrocher au début du livre; Il faut savoir que le livre parle énormément de sexe, de passion sexuelle, d'homosexualité, de libertinage, d'infidélité. Le début du livre, était concentré uniquement sur la vie de Fizz et de son mari d'écrivain "raté" qui restait des journées entières devant des pages blanches et surtout de leurs relations intimes qui prends énormément de pages dans une grande partie du début du roman, et je trouvais cela à force assez lassant. Là où le livre prend une tournure plus intéressante, c'est lors de l'achat de la maison dans la colline, la vie de Bibi la grand-mère, l'histoire de Catherine, et la vie de Chinchpolki après le départ de Fizz, les recherches  sur les vérités de Catherine, ses voyages entre Gethia, Delhi, Chandigarh, Jagdevpur et même New York. Ce livre parle de deux époques totalement différentes : celle de Catherine et celle de nos héros, ce qui donne un plus au livre. Sans oublier la parenthèse de l'époque où vécut la grand père de notre héros.



LOIN DE CHANDIGARH

de Tarun J Tejpal

Editions "Le livre de Poche"

693 pages - Prix éditeur : 8,50 €



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