Le Dieu des Petits Riens de Arundhati Roy

Booker Price 1997 Rahel Kochamma, la trentaine, revient dans la maison de son enfance à Ayemenem dans le Kerala. C'est un jour de pluie. Elle va enfin retrouvé son frère Estha qu'elle n'a pas revu depuis longtemps. Ce dernier, solitaire, s'est peu à peu muré dans le silence et a de plus en plus des comportements étranges. Estha est émue de son retour dans la maison familiale où vivent encore sa grande-tante Baby Kochamma et la cuisinière Kochu Maria qui ne font rien d'autres de leur vie à part regarder la télévision. Baby n'a jamais eu d'affections particulières pour les jumeaux. La maison est dorénavant à l'abandon, une vieille voiture est garée depuis longtemps dans la cour comme oubliée, la conserverie derrière la maison n'a pas fait de conserves depuis des décennies et le jardin est le royaume des mauvaises herbes. La maman des jumeaux est décédée, seule, avec sa détresse et la déchéance après le drame. Elle a eut une vie difficile. Une des grandes épreuves était de divorcer du père de ses enfants qui était alcoolique, un divorce dans une Inde des années 1960. Il a été difficile pour elle de revenir vivre dans la maison familiale avec le statut de divorcée. Pourtant, entre deux épreuves, elle connaîtra tout de même une bribe de bonheur. Avec son retour, les souvenirs de Rahel réapparaissant dans son esprit et elle nous conte aussi bien le présent mais surtout le lourd passé, celui qui a tout détruit. Elle revient particulièrement à l'année 1969, quand elle et son frère avaient 8 ans, quand ils s'étaient, avec leur oncle Chacko et leur mère, rendus à Cochin voir un film avant de chercher leur cousine anglaise Sophie Moll venue pour la première fois en Inde avec sa mère après le décès de son beau-père. On découvrira aussi que Chacko a développé la conserverie familiale en une petite usine. C'est également un grand coureur de jupon, la porte de sa chambre donnant directement sur l'extérieur de la maison. C'est également lui qui faisait la pluie et le beau temps dans la maison. On apprendra l'existence des habitants de ce village et des voisins dont particulièrement un intouchable du nom de Velutha qui donnait de nombreux services surtout de bricolage à la fabrique car il était très habile de ses mains surtout avec le bois. Dans tout le livre, on entend souvent parler de la "Journée de la Terreur", cette journée qui bouleversera la vie de tous les membres de cette famille et notamment celle des jumeaux et de leur mère. Comme dit précédemment il y a un jeu de va et vient entre le présent et surtout le passé et l'auteure nous laisse le suspens jusqu'au bout même si dès le début on devine qu'un drame imminent a eut lieu. C'est un livre comme qui fait penser à un puzzle. En le lisant, le lecteur devient en quelque sorte un enquêteur et malgré tout quand le couperet tombera, la chute sera terrible. Dans "Le Dieu des Petits Riens", de nombreux sujets sont abordés : pédophilie, intouchabilité, divorce, corruption, grèves, poids des traditions, etc. Le lecteur se délectera de la finesse dans laquelle sont décrites les différentes scènes : le fleuve derrière la maison, les effluves émanant de la conserverie Paradise, ...

"Le Dieu des Petits Riens" est un incontournable de la littérature indienne. C'est une histoire touchante, triste, .. Un drame familial dans ses moindres replis.


"Le Dieu des Petits Riens" de Arundhati Roy

Titre original : The God of Small Things

Traduction de l'anglais (Inde) par Claude Demanuelli

Première parution en 1998

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